Niger: après le limogeage d’Ibrahim Yacouba, la majorité se fissure

Ibrahim Yacouba lève le point en arrivant au stade Seyni Kountche, le 19 février 2016, lorsqu'il concourrait pour l'élection présidentielle. Eliminé au premier tour, il avait rallié M. Issoufou, qui l'avait ensuite nommé chef de la diplomatie.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le ministre des Affaires étrangères a fait ses cartons jeudi après avoir été limogé la veille. Ibrahim Yacouba avait été informé mercredi 11 avril qu'il était devenu persona non grata au gouvernement. Dans la foulée, la ministre de la Communication issue aussi de son parti a également présenté sa démission. Et le MPN Kiishin Kassa - parti de Yacouba - s'est retiré de la majorité présidentielle. Une fissure dans la majorité sur fond de bataille électorale avant les échéances de 2021.

En limogeant Ibrahim Yacouba, le président Issoufou se sépare d'un proche qui avait été son directeur de cabinet adjoint avant d'être nommé ministre. Il se sépare aussi d'un homme qui incarne la nouvelle génération sur la scène politique et qui n'avait pas que des amis au pouvoir. L'ex-protégé du chef de l'Etat est entré en disgrâce depuis qu'il a commencé à contester le code électoral.

Ses dernières déclarations en mars et au début de ce mois-ci ont accentué sa marginalisation. Pour certains ténors de la majorité, le ministre n'a pas joué franc-jeu et s'est comporté comme un opposant.

Au sein de son parti le MPN Kiishin Kassa, on rétorque que le pouvoir est devenu allergique à toute contestation. Le jeune ministre, qui ne veut pas encore dire s'il sera candidat en 2021, conteste en particulier la composition de la Céni parce qu'elle ne représente pas aujourd'hui tous les acteurs dans la compétition. Il déplore également la politisation de ceux qui sont chargés d'élaborer le fichier électoral.

Si ses députés avaient validé le code électoral c'est parce qu'on leur avait promis que des aménagements seraient possibles assure-t-il. Mais n'obtenant pas gain de cause, ils ont décidé de rendre public leur désaccord. Un de ses proches confie : « le ministre ne cherchait pas à être limogé, mais il s'y attendait ».

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