Au Niger, les recherches se poursuivent pour retrouver l’otage allemand

Militraires nigériens en patrouille dans le sud du Niger. (Image d'archive)
© RFI/ Nicolas Champeaux

Au Niger, un travailleur humanitaire allemand a été enlevé dans la région d'Ayorou, mercredi soir. Il rentrait d'une mission dans cette zone du nord du pays, proche de la frontière malienne. Le préfet de la ville a confirmé cet enlèvement. Le véhicule dans lequel circulait le travailleur a été incendié.

Ce sont huit jihadistes à bord de quatre motos et parlant la langue peule du terroir, qui ont tendu l’embuscade qui a permis d’enlever l’humanitaire allemand Joerg Lange. Les faits se sont produits tout près du hameau de de Tchimanane, dans la zone de Tchinfagate, une zone réputée dangereuse et où les jihadistes circulent sans aucune crainte, dit-on. Avant de fuir avec leurs otages, les jihadistes ont ligoté et bandé les yeux aux quatre autres collègues de l’humanitaire.

Les recherches lancées dans cette zone de haute insécurité ont permis aux hommes du PMR, le poste militaire de reconnaissance, de retrouver les quatre Nigériens abandonnés. Ils ont été ramenés au petit matin à la préfecture d’Ayorou, où ils sont interrogés à la brigade de la gendarmerie sur leurs conditions de voyage à Inates, sans signalisation.

Les rescapés interrogés

Selon les quatre rescapés nigériens, c’est au retour de leur mission d’Inates qu’ils ont été interceptés. A la question de savoir pourquoi ils ne se sont pas présentés aux autorités en allant sur Inates, les rescapés ont répondu à la gendarmerie que c’était la stratégie de leur chef, voir les autorités locales au retour. Une logique personnelle et suicidaire, selon les autorités.

Les quatre rescapés, trois hommes et une femme, seront acheminés à Niamey dans la journée. Interrogé sur l’enlèvement de l’humanitaire allemand, le siège de l’ONG Help à Niamey n’a pas souhaité faire de commentaires.

Même retenue en Allemagne, même si Berlin s'active dans les coulisses pour en avoir plus sur les circonstances de cette opération et pour obtenir la libération de son ressortissant.

Au siège de l'organisation humanitaire Help à Bonn, on se contente de confirmer l'enlèvement d'un collaborateur au Niger. La vice-présidente a déclaré que toutes les mesures à prendre dans une situation de crise l'avaient été sans donner plus détails sur les circonstances de l'enlèvement. Même discrétion au ministère des Affaires étrangères à Berlin où on ne communique pas traditionnellement sur de tels sujets. Le centre de crise gère le dossier avec l'ambassade allemande au Niger.

Une présence croissante de l'Allemagne dans la région sahélienne

L'homme enlevé est décrit comme un employé expérimenté de l'ONG Help qui emploie 440 salariés dans 24 pays. L'organisation est présente au Niger depuis 2005 où elle fournit une aide médicale et humanitaire dans les camps de réfugiés.
Le Sahel est une zone où l'engagement allemand s'est accru ces dernières années témoignant également d'un intérêt plus grand de Berlin pour la région.

L'Allemagne participe à la force Minusma de l'ONU au Mali. L'enlèvement du collaborateur de Help a eu lieu quelques heures après la décision du conseil des ministres à Berlin d'élargir l'engagement de la Bundeswehr au sein de la mission de formation européenne EUTM . A l'avenir les soldats allemands seront aussi présents en Mauritanie et au Niger pour soutenir une nouvelle force antiterroriste régionale.

L'Allemand a été emmené par des hommes à moto vers la frontière malienne. © Google map

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