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Togo

Togo: à Kpalimé, des habitants racontent les exactions de la police

Police anti-émeutes à Lomé en septembre 2017 (photo d'illustration).
© REUTERS

A Kpalimé, l'appel de la coalition de l'opposition pour les trois jours de manifestation à travers tout le pays a été entendu et la population s'est mobilisée très tôt mercredi 11 avril. Mal leur en pris, et depuis le quartier Agoekpndji-Zongo d'où devait partir la manifestation en fait les frais. Depuis, chacun vit calfeutré chez soi.

Ecoutez les témoignages des habitants de Kpalimé, recueillis par notre correspondant
13-04-2018 - Par Peter Dogbe

A Kpalimé, ce jeudi en milieu de journée, le centre-ville grouille de monde comme d'habitude, la circulation est normale. En descendant au quartier Agoekondji-Zongo, tout est calme, si ce n'est que les forces de l'ordre et de défense tiennent le quartier en respect. Une femme qui allait chercher de l’eau a été « matée », frappée, nous raconte un témoin.

Dans la rue, quelques pneus brûlés, des parpaings qui ont servi de barricades ; dans les maisons, les portes sont fermées.

Abdel a un kiosque en tôle dans lequel il vend des victuailles. Il s'est  enfermé depuis que les militaires sont revenus le matin et nous raconte: « J'ai fermé ma boutique parce que je suis un infirme, je ne peux pas même marcher, et ils vont venir me taper et taper mes enfants aussi à la maison. »

En groupe de quatre, gendarmes et militaires, passent de maison en maison. A coup de crosse, ils défoncent les portes à la recherche de manifestants disent-ils, et passent à tabac les habitants.

Ici c'est un professeur malade qui dormait dans sa chambre. Je suis malade, je dormais et ils sont commencé à me frapper, nous raconte t-il.

Plus à l'intérieur du quartier, nous rencontrons un couple. La femme, qui allaite un enfant de cinq mois n'est pas épargnée, son époux nous montre les hématomes au dos et raconte. « Ils ont aussitôt défoncé la porte au moment où j'ouvrais. Je leur ai dit que je ne suis pas sorti, depuis le matin je suis resté dans ma chambre. Tout ce que je disais, personne ne m'écoutait, les quatre se sont jetés sur moi, à l'aide de matraques et autres, ils m'ont bien battu. »

En milieu d'après-midi, le dispositif est levé, les forces de l'ordre et de défense ont plié bagages. C'est le soulagement pour les habitants de ce quartier populaire qui peuvent enfin mettre le nez dehors. Mais à Agoekondji-Zongo, on ne sait pas de quoi les jours à venir seront faits.

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