Cameroun: réquisitoires sans concession pour les activistes anglophones jugés

Cette photo prise le 17 février 2018, montre une vue du palais de justice de Mokolo, région de l'Extrême-Nord, Cameroun.
© AFP/Alexis Huguet

Une dizaine d'activistes anglophones, arrêtés au tout début de la crise sociopolitique qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, étaient ce vendredi au tribunal militaire de Yaoundé.  Ils sont jugés entre autres pour des faits d'hostilité contre la patrie, révolution, terrorisme et même assassinats. Des faits graves, pour la plupart, passibles de la peine capitale, selon le Code pénal camerounais. A l'audience, les plaidoiries des avocats de la partie civile et les réquisitions du ministère public ont été sans pitié.

Les réquisitions du commissaire du gouvernement et les plaidoiries de la dizaine d’avocats de la partie civile sont allées dans le même sens, à savoir que tous les accusés sont coupables. Et les développements pour remporter d’adhésion du tribunal ont été particulièrement incisifs sur les faits qui, pour l’accusation, ont fait basculer cette crise dans un cycle de violence.

« Le problème qui se pose est celui du mode de la contestation. En clair, peut-on utiliser des moyens violents pour faire des déclarations politiques ? C’est là l’essentiel. A partir du moment où il y a des torts qui ont été causés aux biens, aux personnes, nous avons pensé que les infractions qui étaient retenues contre les personnes qui sont poursuivies sont établies. Et nous avons plaidé au tribunal de dire ces personnes coupables », justifie maître Achet Martin Luther King, l’un des avocats de la partie civile.

Face à l’épaisseur, des éléments à charge, les avocats de la défense, à l’image de maître Claude Assira, ont sollicité un renvoi pour bien préparer la plaidoirie : « On défend quand même des gens qui n’encourent rien moins que la peine de mort. Je pense qu’en responsabilité, il n’y a aucun avocat, quel que soit le tribunal, quelle que soit la cause, lorsque vous avez une telle responsabilité, qui puisse prendre cela à la légère et se dire qu’il peut juste au sortir d’un propos qu’il vient d’entendre sans avoir pris la peine de s’organiser, entreprendre de donner une réplique dans ces conditions ».

Le tribunal a ainsi renvoyé la cause au 24 avril. Ce sera alors pour la défense l’occasion de faire valoir ses arguments.

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