L'Afrique du Sud fait ses adieux à Winnie Mandela, la mère de la nation

Le cercueil de Winnie Madikizela-Mandela est exposé devant la scène du stade d'Orlando pour l'hommage à Soweto, en Afrique du Sud, le 14 avril 2018.
© AFP/Gianluigi Guercia

L’Afrique du Sud a rendu, ce samedi, un dernier hommage à Winnie Mandela décédée le 2 avril dernier. Les funérailles nationales de cette icône de la lutte contre l'Apartheid et ancienne femme de Nelson Mandela se sont déroulées au stade du township de Soweto. Plusieurs milliers de personnes étaient présentes pour ses adieux après un deuil national de dix jours.

Point final de ces funérailles officielles, la dépouille de Winnie Mandela a quitté le stade Orlando de Soweto, sous la pluie qui tombe en trombe, signe de bénédiction en Afrique du Sud. Le cercueil de Winnie Mandela doit être escorté jusqu’au cimetière de Fourways, au nord de Johannesburg, où « la mère de la Nation sud-africaine » va être inhumée dans l’après-midi.

Ce matin, dès neuf heures, les dignitaires, les officiels et les proches de Winnie Mandela sont arrivés sur le tapis rouge, déroulé au milieu du stade de Soweto. Ils ont pris place autour de la tribune officielle. Auparavant, sur les écrans dressés autour de la scène, la foule avait pu suivre le convoi qui a transporté la dépouille de Winnie Mandela, de sa résidence de Soweto au stade.

Le cercueil de Winnie Mandela, paré d’un drapeau sud-africain, a été déposé au centre du stade où l’on entendait la ferveur de milliers de Sud-Africains réunis. Dans les gradins, la foule portait les couleurs du Congrès national africain (ANC). Alors que de nombreux militants du parti de gauche radicale, EFF, étaient également présents. Leur leader Julius Malema est même monté à la tribune pour prononcer un discours virulent dans lequel le tribun a dénoncé « les vendus qui ont livré Winnie Mandela au régime de l’apartheid », sans citer de noms.

Discours fort de la fille de Winnie Mandela

Un peu plus tôt, c’est la fille de Winnie Madikizela-Mandela, Zenani, qui s’en est pris « aux hypocrites » dans un discours très fort, point d’orgue de cette cérémonie. Elle a rappelé que « la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud n’était pas le combat d’un homme ou le triomphe d’un homme, c’est très loin de la vérité », a lancé Zenani Mandela, en évoquant le combat des femmes contre le patriarcat et l’oppression du régime d’apartheid. La fille de Winnie et Nelson Mandela a conclu en demandant à ce que ses parents ne soient plus présentés comme des « figures opposées », mais comme un « homme et une femme qui se sont toujours complétés ».

Ensuite, le chef de l’Etat, Cyril Ramaphosa a clôturé ces funérailles nationales. Il a appelé à l’unité et a regretté que le rôle joué par Winnie Mandela dans la lutte de libération dans la lutte de l’ANC n’ait pas été reconnu plus tôt à sa juste valeur. Le président sud-africain assure qu’il se rendra bientôt à Marikana pour rencontrer les familles des mineurs abattus par la police en août 2012, suite à une grève sauvage. Winnie Mandela elle-même lui avait conseillé de le faire il y a quelques mois.