Rien ne va plus entre la Somalie et les Emirats arabes unis

Vue du port de Berbera, dans le Somaliland
© AFP/Zacharias Abubeker

Les relations entre la Somalie et les Emirats arabes unis sont glaciales depuis la signature d'un accord, l'année dernière, entre le Dubaï Port World, une compagnie des Emirats arabes unis, et le Somaliland, province autonome autoproclamée, dont l'indépendance n'est pas reconnue par la communauté internationale.

L'accord porte sur de gros investissements dans le port de la ville de Berbera et la construction d'une base militaire. L'accord est tripartite et a été signé pour une durée de trente ans. Un quota de 51% des investissements est attribué à Abou Dhabi, 19% à l'Ethiopie qui est partenaire sur ce projet. Le reste revient au Somaliland. La Somalie a rejeté cet accord qu'elle considère « inexistant, nul et non avenu ». La crise s'est intensifiée ces derniers jours,

Dimanche dernier, un avion civil émirati avec à bord 47 militaires, est retenu à l'aéroport de Mogadiscio pendant plusieurs heures. Des sacs contenant quelques millions de dollars sont confisqués. Abou Dhabi annonce que cet argent est destiné à l'armée somalienne, Mogadiscio parle d'argent de déstabilisation.

Un accord existe depuis 2015 entre les deux pays pour la formation d'un noyau d'une armée nationale somalienne. Mais la Somalie annonce mercredi dernier la fin de programme d'entrainement de ses forces administrées par les Emiratis, elle dissout ces forces et annonce qu'elles seront intégrées dans l'armée.

Abou Dhabi est accusé d'accroitre son influence en semant la zizanie entre les gouvernements autonomes et le gouvernement central en Somalie. Mogadiscio ne supporte pas que les Emirats traitent directement avec les Etats indépendants autoproclamés. Abou Dhabi investi dans le port et la base militaire de Berbera en signant directement avec le Somaliland, elle traite directement aussi avec le Pountland pour l'utilisation de port de Bossasso...

Cette tension est renforcée depuis juin 2017, par la crise du Golfe qui oppose l'Arabie saoudite et le Qatar. La Somalie a le sentiment qu'elle paye le prix de sa neutralité dans cette crise.

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