Sénégal: les rappeurs Fou Malade et Niagass s'associent pour un nouvel album

Fou Malade (premier à gauche sur la photo) et Niagass sortent un nouvel album de hip hop sénégalais.
© Guillaume Thibault/RFI

C'est une rencontre musicale entre deux grands noms du hip hop sénégalais. Les artistes Fou Malade et Niagass sortent cette semaine un album commun. Deux rappeurs engagés qui se connaissent depuis presque toujours, sont si complices qu'on les confond dans les rues de Dakar ou de Saint-Louis et qui, par leur musique, réussissent à faire rire tout en dénonçant les injustices sociales.

D'un côté il y a Fou Malade, célèbre rappeur sénégalais engagé dans le mouvement de contestation sociale « Y en a marre », de l'autre son acolyte, Niagass, lui aussi dans le milieu hip hop depuis les années 1990. Deux artistes à la ressemblance physique frappante, aux mêmes textes engagés aussi, et pour leur premier album ensemble, ils ont notamment voulu parler des artistes sénégalais, qui, même célèbres, vivent souvent dans la misère.

« D'habitude, on montre qu'on s'en sort bien, qu'on a des moyens... Pour juste gérer la perception sociale on dit non, ce ne sont pas nos conditions. Nos conditions de vie c'est le manque de moyens », explique justement Fou Malade.

L'autre thématique chère aux deux rappeurs ce sont les sirènes de l'Europe. Dissuader les Sénégalais de répondre à la tentation de l'immigration clandestine, c'est le but du titre Delouissi qui signifie « revenir » en wolof.

« Le rap en général ce n'est pas l'Eldorado, si tu dois dépenser 3,5 ou 4 millions pour te trouver des papiers pour aller en Europe... Moi si j'ai un ou deux millions, je vais acheter des vaches, je vais acheter un petit terrain pour cultiver et je serai beaucoup plus riche que celui qui a fait là-bas dix ans », raconte Niagass.

Le titre de cet album, Ousseynou ak Assane, fait référence aux prénoms que l'on donne aux frères jumeaux, au Sénégal. Fou Malade et Niagass sont assurément frères, et c'est d'une même voix à la fois sérieuse, drôle et insolente, qu'ils réussissent à toucher leurs compatriotes.