Premier ministre de consensus, Aristides Gomes va devoir former un gouvernement

Aristides Gomes, ici en 2008.
© AFP PHOTO / GEORGES GOBET

Onze chefs d’Etat de la Cedeao se sont réunis en sommet extraordinaire samedi 14 avril, à Lomé, pour trouver une solution à la crise politique en Guinée-Bissau. Aristides Gomes a été désigné comme Premier ministre de consensus. Il sera officiellement nommé mardi par le président José Mario Vaz. Les quinze frondeurs du PAIGC, pourtant protagonistes de la crise, sont laissés sur le carreau.

Si le consensus a été obtenu à Lomé autour du choix d’Aristides Gomes au poste de Premier ministre, aucun mot n’a été prononcé envers les quinze frondeurs du PAIGC. Ayant apporté leur soutien au Président José Mario Vaz certains se considèrent comme l’agneau du sacrifice, n’ayant pas pu s’opposer à l’arrangement politique entre le PAIGC et le PRS.

Vincent Foucher, chercheur au CNRS, se félicite en tout cas que la Cedeao ait « réussi à négocier un compromis, chaque parti cédant un peu et se mettant d’accord avec la nomination d’un Premier ministre qui n’était, au fond, ni celui désigné par le Président, ni celui attendu par le PAIGC ».

Former un gouvernement, une lourde tâche

La patate chaude repose à présent entre les mains de ce nouveau Premier ministre, qui aura la responsabilité de former un gouvernement. Selon Cipriano Cassama, le président de l’Assemblée, « Docteur Aristides Gomes formera son gouvernement et il revient aux deux partis, selon leurs poids politiques, de désigner les personnalités devant intégrer ce gouvernement ».

Pour Domingos Simoes Pereira leader du PAIGC, les acteurs politiques bissau-guinéens doivent maintenant être capables de résoudre leurs différends par le dialogue et prouver leur capacité à « tenir un langage qui interprète correctement les préconcepts légaux », afin « d’éviter que des structures internationales viennent » leur rappeler leurs responsabilités.

Semaine décisive

Vincent Foucher estime « difficile » de dire si cet accord va être couronné de succès, puisque « la vie politique à Bissau connait des remous parfois très imprévisibles, parfois aussi violents », mais se montre rassuré par la présence d’une « force de la Cedeao sur le terrain, qui est toujours là » et attend les élections législatives à venir, « sorte de prochain match ».

D’ici là, la semaine du 16 avril s’annonce décisive, puisque dès mardi le Président va émettre un décret nommant officiellement Aristides Gomes et que vendredi l’Assemblée nationale sera ouverte.