RDC: la Commission électorale indépendante va faire auditer les machines à voter

Un bulletin de vote, lors d'un scrutin en RDC.
© RFI/Sonia Rolley

En RDC, après les réticences émises tant par l'église catholique que par des membres de l'opposition et de la société civile congolaise sur l'utilisation de « machine à voter » pour le scrutin du 23 décembre 2018, la Commission électorale nationale indépendante, la Ceni, a décidé de faire auditer l’objet de tous les débats. Un appel d'offre en vue d’une expertise du bon fonctionnement de cet ordinateur, qui doit servir à imprimer les bulletins de vote le jour des élections, est en cours de préparation.

En février 2018 la conférence épiscopale congolaise avait recommandé à la Commission électorale de faire certifier les machines à voter par des experts nationaux et internationaux. Avec pour objectif de disperser les suspicions que son utilisation a suscité dans la population congolaise et éviter que les élections soient contestées d'avance.

La Ceni a donc décidé de faire auditer la machine, afin justement de lever toute équivoque. Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale, sait que « des gens appellent la machine à voter "machine à tricher" ». Alors, « l’audit va consister à dire si ça triche ou si ça ne triche pas. Si c’est fiable ou pas ». Fiabilité, risque de panne, tous les éléments techniques de cet ordinateur à voter devraient donc être examinés.

Les termes de référence de cet audit sont pour l’heure en cours d'élaboration, donc aucun expert n'a encore été identifié pour mener cet examen. Reste aussi une question auquel cet audit risque de ne pas pouvoir répondre : celui du temps dont chaque électeur aura besoin pour voter avec cette machine

Avec une forte proportion de congolais qui ne savent ni lire ni écrire, nombreux sont ceux qui craignent un embouteillage le jour du scrutin, du fait de l'utilisation d'un ordinateur pour voter.