Sénégal: six mois de prison ferme pour l’élu d’opposition Barthélémy Dias

L'élu socialiste sénégalais Barthélémy Dias, à la sortie du tribunal de Dakar, le 1er décembre 2016.
© SEYLLOU / AFP

Barthélémy Dias est désormais fixé sur son sort au Sénégal. Le maire de la commune de Mermoz-Sacré-Cœur à Dakar était jugé pour « outrage à magistrat » et « appel à un attroupement ». C'était dans la foulée de la condamnation du maire de Dakar Khalifa Sall à cinq ans de prison le 30 mars dont Barthélémy Dias est un proche. Le parquet avait requis deux ans de prison et finalement, il écope de six mois ferme.

L’audience n’a pas été longue mardi matin dans la salle 1, pleine à craquer, du palais de justice de Dakar. Le juge Yakham Keïta a brièvement rappelé les faits reprochés à Barthélémy Dias, qualifiant ses propos à l’égard de la justice sénégalaise « d’injurieux » et de « diffamatoires », qui s’inscrivent dans la colère.

A l’annonce du verdict, le maire de Mermoz-Sacré-Cœur n’a pas sourcillé. Pour l'un de ses avocats, maître El hadji Diouf, Barthélémy Diaz n’a fait que commenter l’actualité, donner son avis : « Pourquoi un homme politique ne peut plus critiquer le fonctionnement normal de la justice, de l’Assemblée nationale ou de l’exécutif. Maintenant, bonjour la pensée unique (...) ».

« C’est un procès politique, un procès à sorcellerie. Pour moi, c’est excessif, c’est trop pour des banalités, pour quelqu’un qui exprime un certain découragement, cette révolte à la stupeur d’une condamnation de Khalifa Sall et qui était absolument injustifiée. C’est anormal. On ne peut pas passer son temps à mettre les opposants en prison pour des simples raisons. Ça, c’est bien trop. Et jamais le régime sénégalais n’a été aussi autoritaire et intolérant. Et qui plus est, à la justice, nous l’affirmons, nous le maintenons : il y a une justice qui est le bras armé du pouvoir politique, pour régler des problèmes politiques. Ça ne peut pas passer comme ça. Nous ne pouvons pas régler au Sénégal les problèmes politiques  au niveau de la justice. Et c’est ce que Macky Sall fait parce qu’il ne veut pas affronter démocratiquement ses opposants », a estimé maître Amadou Sall, un autre de ses avocats.

A la sortie de l’audience, la présence de l’homme politique Malick Gackou, le président de Grand Parti, n’est pas passée inaperçue. Candidat à la prochaine élection présidentielle, il est venu afficher son soutien à Barthélémy Dias et ne s’est pas privé de distiller un message à l’égard du pouvoir dans un contexte déjà tendu avec l’opposition : « Je suis effaré par ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays. Trop, c’est trop ! Nous ne devons pas laisser un homme, fût-il le président de la République, continuer à bâillonner les libertés et la démocratie dans notre pays ».

L’ambiance était donc très politique mardi matin au palais de justice de Dakar. Les partisans de Barthélémy Dias n’ont cessé de le marteler. Pour eux, cette condamnation s’inscrit dans la droite lignée de celle du maire de Dakar, Khalifa Sall.

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