Gambie: des proches de victimes de Jammeh réclament justice pour les disparus

L'ancien président gambien, Yahya Jammeh à son arrivée à l'aéroport de Banjul avant de prendre son avion pour l'exil, le 21 janvier 2017.
© ©Thierry Gouegnon/REUTERS

En Gambie, le centre pour les victimes des droits de l'homme a organisé un rassemblement mardi 17 avril, devant la cour de justice de Banjul. Objectif de la cinquantaine de personnes présentes : rendre hommage aux disparus, mais aussi pour réclamer au gouvernement plus d'informations sur l'avancée des enquêtes judiciaires, ainsi que la restitution rapide des corps qui ont été exhumés.

Parmi les organisateurs du rassemblement organisé ce mardi à Banjul, se trouve Ayesha Jammeh. La jeune femme, de la même famille que Yahya Jammeh, a perdu son père et sa tante, assassinés sous l'ancien régime. Et aujourd'hui, elle se bat au sein du centre des victimes pour que chacun obtienne justice.

Comme ses camarades, elle est « préoccupée par les disparus et ceux dont les corps ont été exhumés ». D’autant que, jusqu'à présent, « les corps n'ont pas été rendus aux familles ». C'est pourquoi la cinquantaine de militants est présente devant le palais de justice, « pour montrer au gouvernement » sa volonté d’avoir « des réponses à [ses] questions ».

Selon Zainab Lowe, du centre des victimes, le malaise des proches des disparus vient surtout du manque de communication du gouvernement. « Nous toutes, victimes, nous nous sommes rendues à la police, pour que des enquêtes soient ouvertes, mais rien n'est parvenu jusqu'à nous depuis », explique-t-elle. « On reste là, assis, les informations nous arrivent par la radio. Mais ils devraient parler directement aux familles. Donc c'est pour ça qu'on est là, et j'espère qu'ils vont nous entendre ».

Besoin de pouvoir faire le deuil

Depuis l'an dernier, quatre corps ont été retrouvés et exhumés par les forces de l'ordre, dont celui d'Alhagie Jajah Nyass. « Il faisait partie des hommes qui ont attaqué le palais présidentiel, en 2014 et dont les corps ont été exhumés », raconte son frère, Abdou Nyass, qui défile avec sa photo. « C'est très douloureux pour la famille, car chaque jour, c'est comme si sa mort venait d'arriver », se désole-t-il. « On a besoin de l'enterrer, et ensuite on pourra prier. Au moins, émotionnellement, psychologiquement, on sera libérés ».

Selon la police, les corps ne pourront pas être rendus avant les résultats d'analyses effectuées à l'étranger, qui doivent permettre de déterminer leur identité.

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