Plusieurs mouvements rebelles se regroupent à Kaga Bandoro, inquiétude à Bangui

A Bangui, le rassemblement d'ex-Seleka dans le nord du pays agite toutes les conversations.
© AFP PHOTO/EDOUARD DROPSY

Depuis quelques jours, plusieurs groupes armés issus de l'ex-Seleka, comme le FPRC et le MPC, rassemblent leurs troupes à Kaga Bandoro dans le nord de la Centrafrique. Si officiellement rien n'est annoncé, ces groupes font planer la menace d'une offensive sur Bangui.

A Bangui, si la vie suit son cours, le rassemblement des éléments de plusieurs groupes armés issus de l'ex-Seleka est dans toutes les conversations. Sont-ils en capacité de descendre jusqu'à la capitale ? De quel équipement disposent-ils ? La Minusca pourra-t-elle les arrêter ? Que fera la France ? S'agit-il de gesticulations ou d' un véritable projet de déstabilisation, voire de coup d'Etat ?

En l'absence de communication officielle de la part de ces groupes pour le moment, les spéculations vont bon train. Toutefois, selon des sources internes ou proches du FPRC, les opérations de la semaine dernière au PK5 sont le déclencheur de cette mobilisation à Kaga Bandoro. Ces groupes ex-Seleka se posent en protecteur des musulmans de Bangui face à l'opération de police contre Force. Opération présentée comme une attaque contre les musulmans.

Mais, toujours selon ces sources, des velléités russes d'exploration minière dans les zones contrôlées par ces groupes contribuent aussi à descendre sur Bangui. Des Russes dont la présence militaire croissante au côté des autorités pourra probablement bientôt empêcher toute tentative de déstabilisation ou de coup d'Etat. D'où la rapidité de cette mobilisation.

Bangui dans l'attente

Dans la capitale règne une étrange atmosphère de flottement. Chacun se prépare. « On ne déclare pas la guerre pour l'instant, on attend » déclare Sébastien Wenezoui ex-coordonnateur anti-balakas, qui a tenu ce mardi une conférence de presse, en compagnie de Thierry Lébéné, alias 12Puissances, figure de la mouvance à Bangui. Mais, avertit Sébastien Wenezoui, il « demande aux Seleka de rester là-bas et de privilégier l’initiative africaine pour le dialogue ». Avant de prévenir : « S’ils débordent […] si les Seleka arrivent à Bangui, c’est la faute de la communauté internationale et de la Minusca ».

Le gouvernement, cible probable si offensive il y a, s'en remet également à la force onusienne. Ange Maxime Kazagui porte-parole du gouvernement, rappelle que le pays n’a « pas encore » remis son armée sur pied. Celle-ci n’est « pas encore armée comme il se doit ».Donc, « pour toute alerte de ce genre-là », Bangui ne peut « que travailler avec [ses] partenaires, c’est-à-dire la Minusca ».

« Rester dans la logique du dialogue »

La mission des Nations unies observe et se dit prête à agir. « La Minusca, à travers la force, est en train de monitorer la situation et prendra les mesures qui s’imposent », affirme Vladimir Monteiro, son porte-parole. « Mais, en même temps », continue-t-il, « nous demandons à ces groupes armés de rester dans la logique du dialogue, entamé par l’initiative de l’Union africaine. Il faut laisser cette initiative aller de l’avant ».

Au sein du FPRC on assure pour l'instant qu'il n'est pas prévu de sortir de l'initiative africaine pilotée par l'UA, sur qui reposent donc d'importants espoirs.

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