Tchad: le changement d'âge minimum pour être candidat à la présidence fait débat

L'Assemblée nationale tchadienne à Ndjamena.
© AFP / Issouf Sanogo

Au Tchad, le projet de Constitution proposé par le gouvernement en vue d'une nouvelle République continue de susciter la polémique. Alors que la Constitution actuelle fixe l'âge minimum pour être candidat à la présidence de la République à 35 ans, le nouveau projet relève cet âge minimum à 45 ans. Ce qui n'est pas du goût de nombreux jeunes.

En avril 2016, Brice Guedmbaye Mbaïmon était le plus jeune des candidats à la présidentielle. Il avait 39 ans. En 2021, date de la prochaine présidentielle, il aura 44 ans. C’est pourquoi la nouvelle disposition l’énerve passablement :

« Déby pense pouvoir imposer un pouvoir gérontocratique. En excluant d’office les jeunes, c’est une fuite en avant et c’est une guerre déclarée à toute la jeunesse, puisque ça ne concerne pas une seule personne. Ça concerte tous les jeunes et en âge inférieur ou égal à 45 ans. Que ces jeunes se mobilisent pour que la disposition revienne à 35 ans pour l’élection présidentielle, puisque c’est à ce titre-là que toutes les élections se sont passées ici dans le pays. »

Mahamat Kebir, 40 ans, n’a pas été candidat, mais il estime que c’est une injustice contre les jeunes, les plus nombreux : « Tous les présidents du Tchad qui ont accédé au pouvoir n’ont pas l’âge de 45 ans. Et comment comprendre, dans un pays comme le Tchad, où l’espérance de vie est de 52 ans pour les femmes, 49 ans pour les hommes ? Si vous maintenez l’âge des candidats à 45 ans, vous excluez 70% des Tchadiens d’exercer leur droit civique et politique. »

Sur les réseaux sociaux, dont l’accès a été réduit ces derniers jours au Tchad, le débat fait rage. Un internaute commente : « Ce faisant, on veut nous empêcher d’avoir notre Macron ».

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