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Madagascar

Madagascar: tensions entre régime et opposition sur le vote des lois électorales

Des députés du Mapar (le parti de l'ancien président Rajoelina) doivent se retrouver sur la place de l'hôtel de ville avec des confrères du Tim (parti de l'ex-président Ravalomanana), ce samedi 21 avril.
© BILAL TARABEY / AFP

Ce samedi 21 avril, des députés de l'opposition doivent se retrouver sur le parvis de l'hôtel de ville de la capitale de Madagascar, Antananarivo. Ils souhaitent informer la population sur la manière dont ont été votées les lois électorales controversées le 4 avril dernier. Une manifestation « non autorisée et illégale », rétorquent les autorités, qui promettent de sanctionner les participants. Vendredi soir, une centaine d'éléments des forces d'intervention était déjà déployée dans le centre-ville.

Dans ce combat, deux adversaires : d'un côté, le régime, de l'autre, les députés de l'opposition qui, sur ce coup-là, ont choisi de faire front commun. Ainsi, 73 députés appartenant aux partis Mapar (celui de l'ex-président non élu Rajoelina) et Tim (parti de l'ex-président Ravalomanana) ont décidé de manifester ce samedi matin pour dénoncer « l'adoption scandaleuse », disent-ils, « des trois lois électorales. »

Pour justifier ce meeting, ils invoquent le règlement intérieur de l'Assemblée nationale, qui recommande aux élus de rendre compte à leur électorat à la fin d'une session parlementaire. Mais les autorités ne l'entendent pas de cette oreille.

Cette semaine, le préfet de Police de la capitale et le chef de région ont estimé qu'il s'agissait d'un acte de déstabilisation. « Cette manifestation est illégale et sera réprimée. Nous procèderons à des arrestations si nécessaire », ont-ils prévenu. L'opposition brandit, elle, une autorisation délivrée par la Commune urbaine d'Antananarivo, dirigée par l'épouse de l'ex-président Ravalomanana.

Jeudi, les représentants des deux partis ont fait le tour des chancelleries américaine, française et européenne dans l'espoir de trouver un appui. Ils ont également dénoncé une tentative de la part du régime de museler l’opposition, ainsi qu'une volonté de décrédibiliser la manifestation : vendredi, des rumeurs circulaient sur le recrutement de fauteurs de trouble.

Contrôle de constitutionnalité

La Haute Cour constitutionnelle vient de son côté de commencer le contrôle de constitutionnalité de ces lois électorales, votées sur fond de suspicion de corruption.

Le verdict est attendu d'ici deux à trois semaines. Si les lois sont validées comme telles par la HCC, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina pourraient ne pas pouvoir participer à l'élection présidentielle prévue à la fin de l'année. Si elles sont invalidées, le gouvernement devra alors décider de revenir à l'ancien code électoral ou à un nouveau vote des lois électorales.

Par ailleurs, une autre nouvelle a également circulé : le président de la République aurait quitté la Grande Île jeudi soir par avion. Une information confirmée vendredi soir par un communiqué de presse pour le moins étonnant émanant de la présidence.

« Le président mène depuis jeudi 19 avril et jusqu'à dimanche soir une mission à l'extérieur. [...] Ce qui signifie que les esprits malveillants qui l'ont indiqué "avoir pris la fuite" ne sont que des maniaques de diffusion de fausses nouvelles. » Dans quel pays s'est rendu le chef de l'Etat et pour quoi faire ? Le communiqué ne l'indique pas. De quoi alimenter un peu plus les rumeurs en ce samedi sous haute tension.

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