Insécurité au Burkina: le tribunal de Djibo fermé pour réclamer des mesures

Le département du Soum, dans le nord du Burkina Faso, a été le théâtre d'attaques terroristes ces derniers mois.
© Wikimedia Commons

A Djibo, chef-lieu de la province du Soum au Burkina Faso, les populations et les fonctionnaires sont très inquiets de la montée de l'insécurité. Les employés du tribunal de grande instance de la ville ont fermé le palais de justice pour réclamer plus de mesures sécuritaires et les élèves ont défilé pour exiger le retour des enseignants dans les classes.

A Djibo, chef-lieu de la province du Soum au Burkina Faso, les employés du palais de justice exigent plus de mesures sécuritaires. Ils demandent depuis un an à leur ministre de tutelle de renforcer le dispositif.

Plusieurs gardes de la sécurité pénitentiaires ont été envoyés sur place, mais ces derniers n'ont pas le matériel suffisant pour faire face à une éventuelle attaque, selon plusieurs sources jointes sur place. Réunis en assemblée générale, tout le personnel a décidé de la fermeture pure et simple des portes du palais de justice.

« L’absence de dispositif sécuritaire idoine a conduit le personnel en fonction dans ce tribunal à quitter ladite localité », déplore dans un communiqué le Conseil supérieur de la magistrature, qui suggère que des démarches soient entreprises auprès du président du Burkina Faso pour une recherche de solutions aux problèmes sécuritaires du palais.

Psychose

Après l'assassinat du maire de la commune rurale de Koutougou, toujours dans la province de Soum, et l'enlèvement d'un enseignant, tous deux revendiqués par le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), la psychose est devenue « intenable », selon un habitant sur place.

Un autre raconte qu'il y a quelques semaines des sympathisants du groupe EIGS ont organisé des prêches à la frontière entre le Burkina et le Mali. Au cours de leurs interventions, ils ont clairement identifié ceux qu'ils considèrent comme leurs ennemis, à savoir les forces de sécurité et défense, les travailleurs de la justice et l'administration publique. Ils ont cependant promis de ne pas s'en prendre aux populations, sauf aux informateurs.

Ces dernières informations seraient la cause de la récente montée de fièvre au niveau des travailleurs du tribunal de grande instance de Djibo qui ont conduit à sa fermeture. Dans cette ville, les écoles sont elles aussi toujours fermées et les élèves ont organisé une marche pour réclamer leur réouverture. Selon l'un des organisateurs, les enseignants ont déserté les écoles depuis le 13 avril dernier et n'y sont plus retournés.

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