Madagascar: les manifestants réclament la démission du président

Des manifestants de l'opposition défilent dans les rues d'Antananarivo, la capitale de Madagascar, le 23 avril 2018.
© REUTERS/Clarel Faniry Rasoanaivo

A Madagascar, la Grande Ile est toujours le théâtre d'une mobilisation populaire. Celle-ci a pris une tournure particulière : les manifestants réclament désormais la démission du président Hery Rajaonarimampianina.

La place du 13-Mai, devenue désormais le bastion de l’opposition, a commencé à se remplir doucement, dès 10 heures ce mercredi 25 avril au matin. Les partisans sont venus avec des banderoles sur lesquels on pouvait lire « Rajaonarimampianina dégage », « Toi et ton gouvernement, allez-vous-en » ou encore, « Stop à la corruption ».

Face à eux, des députés qui du haut de leur estrade ont commencé à chauffer la foule à blanc. Puis vers 12h30, heure locale, la consigne a été donnée de quitter la place dans le calme, sous peine d’ailleurs d’être sorti du cortège, pour se rendre à la Haute Cour constitutionnelle.

« Ce n’est pas que les jeunes, c'est tous les Malgaches qui n'en peuvent plus. On ressent un grand ras-le-bol. C'est pour ça qu'on est venu accompagner les députés déposer la demande de démission. On est conscient que rien ne va plus au pays », explique Patrick, 30 ans, dans le cortège.

A 13h30, les députés ont franchi l’enceinte de la HCC pour y déposer leur demande de déchéance. Dix minutes plus tard, Hanitra Razafimanantsoa, la porte-parole de la toute nouvelle alliance des Députés pour le changement ressortait avec dans ses mains un récépissé tamponné. Elle est venue pour le montrer aux journalistes et a officiellement annoncé que la requête de déchéance du président de la République avait été déposée. « Officiellement nous avons déposé la requête en déchéance du président de la République, cela en vertu de l'article 167 de la Constitution, au motif principal de la non-mise en place de la Haute Cour de justice prévue dans la Constitution », a-t-elle déclaré.

La foule a ensuite gagné la place du 13-Mai, sans aucun débordement. Les députés ont alors redonné rendez-vous pour jeudi, même lieu, même heure, pour une nouvelle journée d’action.

L'article de la Constitution, déjà invoqué en 2015 lors de la tentative de destitution du président, avait été rejeté par la HCC. Qu'importe, les députés ont retenté le coup « pour mettre un peu plus la pression » confie un observateur, sur un chef de l'Etat de plus en plus acculé.

Enfin, dans la soirée un site d’informations malgache a annoncé qu’une rencontre aurait eu lieu entre le président du Sénat, également président du HVM, le parti présidentiel, et les leaders de l’alliance les Députés pour le changement, dans les bureaux de l’Union africaine. Les ambassadeurs de France, de l’Union européenne et de l’Afrique du Sud auraient également été présents.

 

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