Bénin: un projet de tourisme mémoriel sur l'esclavage va voir le jour à Ouidah

Illustration de la marina et de la réplique du bateau négrier que le gouvernement projette de construire à Ouidah, au Bénin.
© Delphine Bousquet/RFI

Du Bénin, premier site de départ de l'ancienne côte des esclaves, sont partis entre 1,5 et 2 millions de captifs sur trois siècles, essentiellement de la plage située à un peu plus de 2 kilomètres de la ville de Ouidah, au sud-ouest du pays. Les captifs embarquaient dans des pirogues pour rejoindre les bateaux négriers au large. Aujourd'hui il existe une petite route de l'esclave, un parcours qui relie Ouidah à la plage où s'élève l'arche appelée « Porte du non-retour ». Le gouvernement de Patrice Talon a de grands projets de tourisme mémoriel pour compléter ce qui existe.

Prolongée, réaménagée, la « Route de l'esclave » devrait devenir un lieu de pèlerinage. A Ouidah, la nouveauté, c'est une marina avec la réplique d'un bateau négrier.  « On pourra le visiter. Ce bateau va permettre de manière extrêmement puissante de rentrer dans le ventre du monstre quelque part et de raconter comment c’était dans la traversée. Les Afro-descendants le savent beaucoup par le cinéma, par leurs propres recherches ; les Africains ne sont pas toujours conscients de cet enfer », explique José Pliya, directeur de l'Agence nationale pour la promotion des patrimoines et le développement du tourisme.

Dans les terres, à Allada, un musée devrait raconter trois siècles de traite, mais aussi les origines des captifs, origines que cherchent à connaître les Afro-descendants. « C’était un pasteur noir américain d’Atlanta qui nous a dit : "vous savez pour nous Afro-descendants, la grande inconnue dans cette reconquête de notre identité, c’est qui étions-nous avant d’être capturés ?" », explique encore José Pliya.

Un musée pour parler aussi de la résistance à la traite. Un comité scientifique est chargé de valider les faits. L'esclavage reste un sujet sensible, comme l'explique le président du comité, l'historien Bellarmin Codo. « Pendant cette période précoloniale, à chaque groupe socio-culturel de notre pays, il y a eu des vendeurs et des vendus, selon l’évolution de l’histoire. C’est ça la sensibilité que nous avons encore aujourd’hui. Donc cette sensibilité que nous devons sauvegarder, mais tout en évitant d’en faire un spectacle. Ce ne sera pas un spectacle, ce sera le vécu pour que celui qui vient puisse partir avec l’émotion et un certain nombre d’interrogations », raconte-t-il. Les premiers équipements devraient être prêts courant 2019.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.