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Mali

Mali: deux attaques font une quarantaine de morts dans le nord-est

Patrouille conjointe des Fama et du Gatia dans la région de Ménaka au nord du Mali, avril 2017 (image d'illustration).
© Souleymane AG ANARA / AFP

Selon le gouverneur de Ménaka au Mali, deux attaques à deux jours d'intervalle ont fait une quarantaine de morts. La première attaque, dans les environs de la localité d'Andéramboukane, aurait fait 12 morts selon le MSA, entre 6 et 9 selon les autorités locales. Le lendemain, le 27 avril, non loin d'Infoukaretane, 31 personnes ont été tuées. Selon les premiers éléments d'informations recueillis par le gouverneur de Ménaka, les assaillants sont décrits comme des « Peuls à moto », accusés de faire partie de l'Etat islamique. Il pourrait s'agir de représailles suite à des opérations de deux groupes armés, le MSA et le Gatia, soutenus par les forces françaises Barkhane.

« Les 26 et 27 nous avons eu deux attaques, explique le gouverneur de Ménaka Daouda Maïga. Une au sud-est d’Andéramboukane, dans un endroit appelé Akliz, et le 27, une au nord-est d’Infoukaretane, dans un site appelé Wakasa. Pour la première attaque du côté d’Andéramboukane, on parle d’entre 6 et 9 tués. Et pour la seconde, les sources s’accordent à 31 tués, sur le site même, par des éléments supposés de l’État islamique, que tout le monde caractérise de "Peuls à moto" ».

Nous pensons que c’était probablement une action de représailles, mais aussi pour terrifier les populations, afin de dire "voici ce que nous pouvons faire". En deux attaques, on parle d’une quarantaine de tués.
Daouda Maïga
28-04-2018 - Par RFI

Des actions de représaille ?

Selon le gouverneur, il pourrait s'agir de représailles suite à des opérations de deux groupes armés, le MSA et le Gatia, soutenus par les forces françaises Barkhane. L'ONU disait avoir reçu des informations faisant état de dizaines d'exécutions sommaires dans le cadre de ces opérations. Informations démenties par les deux groupes armés.

« Il y a de fortes chances que ce soient des représailles par rapport aux dernières interventions du MSA et du Gatia sur les éléments de Abou Walid al-Sahraoui, donc de l’État islamique, qui sont au sud-ouest de la région de Ménaka, précise Daouda Maïga. Nous pensons que c’était probablement une action de représailles, mais aussi pour terrifier les populations, afin de dire "voici ce que nous pouvons faire". En deux attaques, on parle d’une quarantaine de tués, ce qui est énorme. »

La crainte d'un embrasement intercommunautaire

Le gouverneur de Ménaka lance un appel au calme et à tout faire pour éviter un embrasement communautaire. Il rappelle que les groupes armés, comme les groupes terroristes, ne sont pas composés d'une mais de plusieurs ethnies. Et que rien ne justifie des représailles contre des populations civiles.

Il faut donner une chance à la paix. Nous sommes dans un accord pour la paix et la réconciliation au Mali, qui avance assez bien, et il y a également des organisations internationales qui organisent des colloques, qui prennent des leaders des différentes communautés pour créer un climat de confiance, de vivre ensemble dans cette zone.
Daouda Maïga
28-04-2018 - Par RFI

Pour le gouverneur de Ménaka, ces attaques sont en tout cas de nature à mettre de l'huile sur le feu et favorisent « l’éclatement d’un conflit intercommunautaire, en stigmatisant justement deux communautés, celles des Peuls et des Daoussaks ». Des communautés nomades qui ont déjà connu des affrontements par le passé.

Cette double attaque intervient alors que des discussions ont lieu à Niamey sous l'égide d'une ONG entre plusieurs leaders des communautés présentes dans la région de Ménaka. Ihya Ag Jadi du MSA a participé à ces discussions et pour lui, ces attaques ne sont pas le fruit du hasard. « On se donne la main avec Barkhane, on travaille avec eux et on leur montre les endroits où se cachent des terroristes. C’est à cause de ça que eux ils viennent tuer les populations, nos parents et nos enfants. C’est à cause de ça, de ce travail avec Barkhane», explique t-il à RFI.

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