«Rafiki», premier film kényan jamais projeté à Cannes censuré dans son pays

Wanuri Kahiu, réalisatrice kényane du film «Rafiki».
© RFI / Kèoprasith Souvannavong

Alors que l’homosexualité est punie par la loi au Kenya, « Rafiki », le long métrage de Wanuri Kahiu, raconte l’histoire d’amour homosexuelle entre deux adolescentes. Il doit être projeté à Cannes en mai, dans la sélection « Un certain regard ». Une première dans l’industrie du film kényan. Mais ce vendredi 27 avril, le Comité national de classification des films (KFCB) a censuré « Rafiki ».

Pour le KFCB, de par ses scènes lesbiennes, « Rafiki » fait la promotion de l’homosexualité et ne respecte pas les valeurs du peuple kényan, ni la Constitution. L’institution a donc interdit la distribution et la projection du film, ajoutant que toute personne prise en sa possession serait hors-la-loi.

Le Comité estime également avoir été trompé par la réalisatrice, disant que le script qu’on lui avait soumis ne prévoyait pas de scènes romantiques. Le directeur du KFCB, qui se décrit comme un croisé des valeurs morales, a ajouté que les films devaient respecter les valeurs dominantes et qu’une famille, c’était l’union d’un homme et d’une femme.

Revirement

Un spectaculaire revirement pour Ezechiel Mutua, qui il y a encore quelques jours, décrivait « Rafiki » comme une icône et Wanuri Kahiu comme l’une des plus grandes réalisatrices kényanes. Mais l’homme est connu pour ses positions conservatrices. L’an dernier, plusieurs programmes américains ont subi sa censure pour avoir selon lui, tenté de glorifier l’homosexualité.

Wanuri Kahiu s’est dite extrêmement déçue. La réalisatrice a estimé que les Kényans étaient mûrs pour voir son long métrage. Selon elle, « cette interdiction prive le public d’un débat sur le sujet ». « Honteux, déplorable », ont réagi plusieurs défenseurs des droits de l’homme, ajoutant que cette censure allait entraîner ce que justement le KFCB ne veut pas : braquer les projecteurs sur l’homosexualité au Kenya.

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