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RDC

RDC: la Sadc peut-elle aider le processus électoral ?

La Céni demande à la SADC de fournir 370 techniciens, d'ouvrir un support logistique, notamment en transport, mais aussi de mettre sur pied une mission d'observation électorale en RDC. Ici, un véhicule des observateurs de la SADC à Madagascar.
© Bilal Tarabey / RFI

En République démocratique du Congo, la commission électorale a sollicité la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour l'assister dans le processus électoral. La Céni lui demande de fournir 370 techniciens, d'ouvrir un support logistique, notamment en transport, mais aussi de mettre sur pied une mission d'observation électorale qui pourrait être déployée un mois avant les scrutins.

Lors d'un mini-sommet extraordinaire de la SADC cette semaine, les chefs d'Etat de l'Afrique australe avaient salué les progrès remarquables faits par la RDC quand l'opposition, la société civile et les chancelleries occidentales espèrent qu'elle hausse le ton et réclament l'ouverture de l'espace politique ou un processus électoral plus inclusif. La SADC joue-t-elle double jeu ? RFI a posé la question aux chercheurs réunis lors d'une table ronde organisée à Paris par l'Institut français des relations internationales (Ifri), sur l'Angola et ses relations diplomatiques.

Avant le sommet de la SADC, plusieurs pays de l'Afrique australe avaient tenu des propos très durs envers la RDC. Le Botswana, l'Angola et même la Zambie qui lors de la conférence des donateurs pour la RDC à Genève il y a quinze jours avait dit craindre un afflux de dizaines de milliers de réfugiés supplémentaires en raison d'une instabilité croissante dans le pays.

« Puisqu'on parle d'égal à égal, on pourrait imaginer qu'on se dit la vérité, mais en fait on a tendance à protéger la personne qui demain pourra elle-même vous accuser, affirme Thibaud Kurtz, spécialiste de la SADC. En revanche, lorsqu'on se retrouve dans son environnement national, on peut là se sentir plus libre de dire "Kabila devrait partir". Il n'est pas sûr que ce genre de discussion puisse apparaître dans des conférences avec les autres chefs d'Etat. »

Techniquement, la SADC a énormément progressé dans ses suivis électoraux, mais le pouvoir est aux mains des politiques. On l'a vu au Zimbabwe en 2013. Il y a eu un rapport qui était très négatif qui peu de personnes ont vu puisque les rapports de la SADC ne sont jamais rendus publics. Et ça n'a pas empêché la SADC au niveau des sommets, au niveau des chefs d'Etat, de valider l'élection malgré tout.
Thibaud Kurtz, spécialiste de la SADC, contributeur à l'Ifri et consultant en bonne gouvernance et démocratie
27-04-2018 - Par Sonia Rolley

Stabilité

Mais même l'Angola, si critique par le passé, a modéré son discours. L'hôte de ce mini-sommet, le président angolais João Lourenço, avait évoqué un « nouveau climat » en RDC, des « progrès », des « signes qui peuvent contribuer à renforcer la confiance mutuelle ».

« Cette communication dans le cadre de la SADC était faite pour permettre de poursuivre le dialogue avec Kinshasa et pouvoir continuer d'influencer le processus, explique Alex Vines, directeur de recherche à Chatham house. Donc c'est une manière pour les Angolais de continuer à se positionner pour rester un interlocuteur sur ce qu'ils considèrent comme une transition compliquée et risquée vers un régime sans Kabila. »

Pour la SADC, la stabilité du Congo reste une priorité, expliquent les experts. Bien plus que la qualité du processus électoral.

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