Des Tchadiens de tribus arabes combattraient en tant que mercenaires au Yémen

La ville yéménite de Saada, touchée par les bombardements, le 6 janvier 2018 (photo d'illustration).
© REUTERS/Naif Rahma TPX IMAGES OF THE DAY

Quelque 1 600 civils issus des tribus arabes tchadiennes ont été envoyés à Riyad pour rejoindre le front avec le Yémen. Un accord secret aurait été conclu entre les Saoudiens et le Tchad. C'était mi-avril, lors de la visite du président tchadien Idriss Déby en Arabie saoudite à l’ occasion des manœuvres militaires du « bouclier du Golfe ».

C'est un accord secret. Il aurait été conclu  lors de la visite du président tchadien, Idriss Deby, mi-avril à Riyad. Selon le journal arabe Al Qods Al Arabi, l'accord concernerait le déploiement de mercenaires tchadiens au Yémen pour pallier aux pertes des militaires soudanais.

Selon des sources concordantes, ces combattants tchadiens sont recrutés parmi les civils des tribus arabes des régions pauvres et excentrées du Tchad. Une fois tués au combat, ils sont enterrés sur place. Et leurs familles discrètement indemnisées. Sans jamais avoir droit aux honneurs des soldats tombés face à Boko Haram.

« Ce n'est plus un secret pour personne, affirme Ahmat Alabo, des Tchadiens sont employés comme mercenaires chez les Saoudiens. » Cet ancien ministre tchadien regrette ce déploiement dans une région où « nous n'avons rien à faire ». Les activistes tchadiens, eux, dénoncent ce qu'ils qualifient de « marchandage macabre ».

Les Houthis de leur côté ont mis en garde le président tchadien contre l’envoi de ses militaires. Ils menacent sur leur chaîne Al-Massirah de tirer des missiles balistiques sur Ndjamena.

Depuis novembre 2015 le Tchad a envoyé des centaines des soldats pour participer à la guerre au Yémen, mais les autorités tchadiennes gardent le silence sur ces accords. En mars 2016, sollicitées par RFI, elles n'ont pas souhaité faire de commentaire. Le général tchadien Hassan Saleh Aldjinedi, proche du régime soudanais, serait à Riyad et coordonnerait l'arrivée des forces tchadiennes. Sollicités par RFI, il n'était pas possible de joindre des responsables tchadiens.

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