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Tunisie

Municipales en Tunisie: faible participation pour le vote des forces de sécurité

L'entrée d'un bureau de vote à Tunis, le 29 avril.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Les bureaux de vote ont fermé à 18h, heure locale, en Tunisie, où les militaires et policiers étaient appelés aux urnes pour les premières municipales depuis la révolution. Les membres des forces de sécurité ont voté une semaine avant les autres citoyens, pour des raisons de sécurité. C'est la première fois dans l'histoire du pays que ces militaires et policiers étaient autorisés à s'exprimer dans les urnes. Pourtant on ne peut pas dire que ce premier vote ait suscité beaucoup d'enthousiasme.

C'est une déception pour cette journée pourtant qualifiée « d'historique » par Mohamed Tlili Mansri, le président de l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie), chargée des élections. Tout avait pourtant été fait pour inciter les 36 000 militaires et policiers inscrits sur les listes électorales à voter.

Il est 20h les chiffres officiels de participation viennent d'être dévoilés, et ils sont très faibles. « Sur les 36 495, à peine 5000 électeurs ont participé à ces élections. Ca nous donne à peu près un taux de participation de 12%. Et on enregistre que onze municipalités n'ont accueilli aucun électeur aujourd'hui. Franchement c'est en deçà attentes de la société civile et aussi je suppose des forces de sécurité », déclare Anouar Belhassen, membre du conseil de l'Isie.

Un chiffre d'autant plus étonnant, selon lui, que ce droit de vote était réclamé par les syndicats de police eux-mêmes. D'ailleurs ceux qui se sont déplacés pour voter n'ont pas boudé leur plaisir. Ainsi ce policier de 51 ans, rencontré au centre de vote de Tunis. Pour lui, c'est un jour historique : « C'est mon droit de voter ! J'ai le droit de choisir qui me représentera dans ma municipalité. Ils veulent la démocratie ? Dans le monde entier, les policiers et les militaires votent, et en Tunisie seulement, on n'aurait pas le droit ? Ce n'est pas logique. »

Sécurité renforcée

Des mesures spéciales ont été prises pour garantir leur anonymat. Un point particulièrement sensible puisque les forces armées sont soumises à un devoir de neutralité. Ainsi, il était interdit de filmer ou de photographier les électeurs.

Interdit également pour les journalistes de leur demander pour qui ils avaient voté. Enfin, à l'inverse des citoyens ordinaires, militaires et policiers n'ont pas eu à tremper leur doigt dans l'encre électorale. Une encre bleue indélébile utilisée pour éviter les votes multiples.

Par ailleurs, les 359 centres de vote ouverts pour l'occasion, soit environ un par municipalité, étaient placés sous haute surveillance. Au centre de vote de Tunis, situé dans une école primaire du centre-ville, une quinzaine de policiers et militaires contrôlaient l'entrée et les rues environnantes. L'identité des votants était vérifiée avant même leur entrée dans le centre, à l'aide de leur carte professionnelle.

La journée s'est donc déroulée sans incident majeur. Les autres citoyens doivent se rendre aux urnes le 6 mai, dans une semaine. Les sondages sont prohibés pendant la campagne électorale, mais beaucoup craignent là aussi une très forte abstention.

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