Les espèces endémiques du lac Victoria, plus grand lac d'Afrique, en danger

Une embarcation des pêcheurs sur le lac victoria en Ouganda.
© Damiano Luchetti/wikimedia.org

Avec sa superficie équivalente à l'Irlande, le lac Victoria, à cheval sur l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, est victime de son succès. Réservoir d'espèces de poissons, mais aussi de mollusques, de plantes et de minerais, le lac est tellement pillé que les trois-quarts de ses richesses sont aujourd'hui en voie d'extinction. L'annonce n'est pas nouvelle, c'est la gravité qui l'est à en croire le dernier rapport de l'Union internationale de la protection de la nature.

C'est bien simple, le lac Victoria sert à tout. A laver sa voiture, à nettoyer son linge, à faire marcher des turbines industrielles mais aussi à fabriquer des médicaments et bien sûr à nourrir les gens. « On a d'un côté des populations qui ne cessent de croître, y compris en Afrique équatoriale. Cela débouche sur de la surpêche. Beaucoup de populations qui vont vers l'Afrique pour aller chercher des matières premières qui manquent sur leur territoire. C'est notamment le cas de la Chine et de l'Inde. La Chine dit aux pays africains "je vous prête de l'argent, je ne vous demande pas de me rembourser en argent, puisque vous n'en avez pas, mais vous me rembourserez en métaux, en minéraux, etc. », avance Pierre Radanne qui dirige l'association 4D spécialisée dans les questions d'environnement.

Sans entrer dans les dénonciations ou les questions politiques, le rapport incrimine ces pillages de ressources mais aussi le changement climatique. Les températures, le taux d'acidité bouleversent les habitats. Des plantes toxiques colonisent le lac jusqu'à former des plaques entières et les poissons, ultra-sensibles, n'arrivent pas à s'adapter au manque d'oxygène qui en découle.

Selon le rapport, 76% des 204 espèces endémiques des eaux douces du lac sont menacées d'extinction.

Lire le rapport (en anglais ou swahili) de l'UICN

Le succulent "Singidia Tilapia Oreochromis" originaire des lacs Victoria et Kyoga, est considéré comme disparu à cause des poissons prédateurs qui y ont été introduits. © Oliver Lucanus/Belowwater.com

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