Rwanda: le gouvernement dissout la représentation des réfugiés du camp de Kiziba

Des réfugiés de la République Démocratique du Congo portent leurs effets personnels en passant près des bureaux du HCR au camp de réfugiés de Kiziba, au Rwanda, le 21 février 2018.
© Jean Bizimana / REUTERS

Le gouvernement rwandais a décidé de dissoudre le comité représentant les réfugiés de Kiziba. En février dernier, cette organisation avait été à l'origine d'une manifestation réprimée par la police rwandaise, faisant au moins 11 morts, selon le Haut Commissariat des Nations unies (HCR).

Le gouvernement rwandais a décidé de dissoudre le comité représentant les réfugiés du camp de Kiziba, qui avait organisé en février dernier une manifestation réprimée par la police le 23 février, faisant 11 morts.

Depuis une quinzaine jours, la police rwandaise est déployée autour du camp et fait des patrouilles, officiellement pour mettre un terme à l'insécurité. Ce qui aurait provoqué une levée de bouclier des réfugiés qui depuis s'opposent à ces patrouilles, craignant l'arrestation des membres du comité dissous.

« La police est à l'intérieur des camps de réfugiés pour assurer leur sécurité et ce qu'elle fait actuellement, c'est une patrouille de temps en temps, tempère Olivier Kayumba, secrétaire permanent du ministère rwandais en charge des réfugiés. La décision de faire cette patrouille était pour normaliser la situation suite à l'insécurité qui prévaut dans ce camp de réfugiés. Aujourd'hui, la présence policière fait que des réfugiés sont mécontents mais la situation est telle qu'aucune ONG internationale ne parvient à rester dans le camp et même le HCR, visiblement, quitte le camp vers 13h et ne peut pas continuer les après-midi. Il n'y a aucune opération pour arrêter les membres du comité dissous ».

« Vous nous avez tués »

De son côté, le comité des réfugiés aujourd'hui dissous explique que même si les réfugiés n'ont que 5 700 francs rwandais d'assistance, soit un peu plus de 5 euros par mois, leur mécontentement vient de ce que le HCR et le gouvernement leur auraient demandé de s'enregistrer dans le registre du programme rwandais de santé publique, ce qu'ils aurait refusé depuis février.

Quant aux accusations d'être à l'origine de l'insécurité, de bloquer l'accès des humanitaires au camp, le président du comité dissous, Louis Moambi, dément. Pour lui, les réfugiés sont uniquement contre cette présence policière qui les a encore réprimés ces derniers jours. « Tout ce que dit le gouvernement, ce sont des mensonges, déclare-t-il. Les réfugiés refusent que les policiers entrent dans le camp. Lorsqu'ils arrivent, les mères, les pères et les enfants leur disent : "Vous nous avez tués le 22 février, on ne veut plus vous voir". Le Rwanda a demandé aux ONG de quitter le camp à cause de l'insécurité. Depuis une semaine, plus aucun réfugié ne peut entrer ni sortir. Il y a même des gens qui meurent de faim ».

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