Les excuses du gouvernement britannique envers un ex-dissident libyen torturé

Istanbul, le 10 mai 2018. Abdelhakim Belhaj, opposant renommé du temps du Guide libyen, a été torturé pendant six années dans les prisons libyennes.
© REUTERS/Kemal Aslan

Le gouvernement britannique a présenté des excuses officielles jeudi 10 mai à l'ex-opposant libyen Abdelhakim Belhaj et à son épouse pour le rôle joué par Londres dans leur capture et leur transfert vers la Libye du colonel Kadhafi. L'ancien militant islamiste avait été torturé et emprisonné pendant six ans dans les geôles de Tripoli.

Avec notre correspondante à Londres,  Muriel Delcroix

« Au nom du gouvernement de Sa Majesté, je m'excuse sans réserve. Nous sommes profondément désolés des épreuves que vous avez tous les deux subies et auxquelles nous avons contribué... »

Lue solennellement au parlement par le procureur général, la lettre de Theresa May est un mea culpa sans précédent aux époux Belhaj. Non seulement la Première ministre reconnaît le rôle du gouvernement britannique dans leur arrestation, mais elle dénonce les « pratiques inacceptables de nos partenaires internationaux » dans une allusion claire aux services américains.

Des documents retrouvés à Tripoli en 2011 après la chute du régime de Mouammar Kadhafi ont révélé que l'ancien opposant Abdelhakim Belhaj et sa femme, alors enceinte, avaient été capturés en 2004 à Bangkok par les services secrets américains grâce à des informations fournies par le renseignement britannique. Après un combat de six ans pour obtenir justice, l'une des avocates du couple, Sapna Malik s'est félicitée d'une journée historique :

« Le gouvernement a enfin accepté que quand on agit dans le respect de la loi, il y a des limites à ne pas franchir ; et si elles le sont, il est alors juste de le reconnaître, que des réparations soient accordées aux victimes et que cela serve de leçons. »

Outre ces excuses, Londres va verser plus de 500 000 euros à l'épouse d'Abdelhakim Belhaj mais rien à ce dernier qui n'a pas demandé de compensation financière et voulait surtout la reconnaissance publique des liaisons dangereuses entretenues par le gouvernement du travailliste Tony Blair avec l'ancien régime de Kadhafi.

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