Congo: début du procès du général Norbert Dabira devant la cour criminelle

Le général congolais Norbert Dabira (d), en 2005, lors du procès sur l'affaire des «disparus du Beach» à Brazzaville, lors duquel il avait été acquitté.
© AFP / GG Kitina

L'ancien inspecteur des Forces armées congolaises (FAC), le général Norbert Dabira, s'est présenté mardi devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Brazzaville. Accusé d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, il a plaidé non coupable et affirmé être à la barre à cause d'un mensonge. La première journée d'audience a été essentiellement consacrée à une enquête sur sa moralité.

Habillé d'une chemise bleu clair manches courtes et d'un pantalon bleu marine, le général Norbert Dabira a fait son entrée dans la salle d'audience visiblement détendu. Il a dû attendre plus d'une heure avant d'être appelé à la barre où il a plaidé non coupable des faits d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat qui pèsent sur lui. Sa défense a ensuite soulevé une exception concernant son immunité juridictionnelle tirée d'un décret de 2001 qui l'a élevé au rang de dignitaire de la République.

Après débats entre les différentes parties, la cour a rejeté cette exception. Peu avant l'enquête de moralité de l'accusé, qui a dit être à la barre à cause d'un mensonge, ses quatre avocats ont exigé que les scellés du dossier soient présentés. Cette démarche a été jugée prématurée aussi bien par le ministère public que par la cour.

L’acte de saisine de la cour criminelle lu par le greffier audiencier fait état de ce que le général de 68 ans est accusé d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Il est un peu plus explicite : l’ancien inspecteur des Forces armées congolaises aurait ourdi un complot selon un plan qui consistait à recruter au moins deux tireurs d’élite afin d’abattre l’avion du président Denis Sassou Nguesso au décollage ou à l’atterrissage.

Les faits qui remontent à 2017 ont été révélés par les services de renseignement qui ont intercepté les conversations téléphoniques entre le général Dabira et son frère d’armes le général Nianga Ngatsé Mbouala, jadis commandant de la garde républicaine cité dans cette affaire en qualité de témoin. Le général Nianga Ngatsé Mbouala s'est présenté dans la salle. Il a été prié par la cour de se retirer pour attendre la confrontation.

L’accusé a plaidé non coupable ; une stratégie qui ne surprend par les avocats des parties civiles comme Me Emmanuel Oko : « Dans les procès, aucun accusé ou prévenu n’est jamais venu dire qu’il reconnaît les faits. On s’y attend, on n’est pas surpris. Mais, il faut aussi se méfier de cette période : il s’agit de la période où l’accusé travaille ses aspects et ses réflexions pour ne pas paraître comme quelqu’un que l’on pourrait diaboliser », a dit Me Oko.

C'est mercredi que les parties vont entrer dans le fond du dossier.

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