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Ouganda Justice

Ouganda: le chef historique de l'ADF Jamil Mukulu devant la Haute Cour

Au moment de remonter dans le bus pénitentiaire, Jamil Mukulu, ex-chef des ADF, clame son innocence, le 14 mai 2018.
© RFI/Gaël Grilhot

Lundi 14 mai à Kampala, l'ancien chef de la rébellion ADF Jamil Mukulu a été présenté pour la première fois devant la Haute Cour (division des crimes internationaux) de Kampala pour l'ouverture de son avant procès. Il a été présenté devant la juge ainsi que plus de 30 autres suspects. Cette procédure judiciaire, une première étape, a pour objectif de déterminer s'il y aura procès ou non, et sur quelles charges. Le leader de la sanglante rébellion pourrait être, si l'avant-procès le confirme, jugé pour crime contre l'humanité.

Les suspects sont entrés dans le tribunal, chaînes aux pieds, menottes aux mains. Une mesure préventive, assure la juge qui affirme avoir récemment fait face à des cas d'évasion. Malgré les interrogations de la défense, elle affirme vouloir un procès en bonne et due forme : « Le devoir de cette cour est de protéger les droits de l'homme. Pour l'instant mon intérêt est d'avoir un procès équitable. Rappelez-vous que plus de la moitié d'entre vous va avoir un avocat aux frais de l'Etat. »

Mais les inquiétudes de la défense ne s'arrêtent pas là. Les avocats dénoncent notamment la torture de certains de leurs clients. « Les cas de tortures ont eu lieu au poste de police de Nalufenya où ces gens ont été détenus pendant un an, témoigne Ladislaus Rwakafuzi. Certains se sont vus promettre l'amnistie. Plusieurs ont été incités à témoigner contre d'autres afin de voir leurs charges annulées. Donc tout le processus est faussé. »

Jamil Mukulu, calme et souriant, a pris des notes durant toute l'audience. Mais alors qu'il est raccompagné pour être transféré en prison, il s'écrie à l'intention des journalistes : « Je ne suis pas un meurtrier. Les meurtriers sont dehors. Arrêtez d'être naïfs. »

La séance a été levée et repoussée au 28 mai. L'accusation, l'Etat ougandais, a demandé un délai pour pouvoir étudier des pièces à conviction reçues récemment de la Tanzanie, affirment les autorités, Tanzanie où Jamil Mukulu a été arrêté en 2015.