L'Eglise anglicane kényane condamnée pour avoir accusé des prêtres à tort

Messe du dimanche dans la cathédrale anglicane de Nairobi, le 6 août 2017 (photo d'illustration).
© Photo: RFI/Daniel Finnan

La somme n'est pas très élevée, mais la condamnation a une portée symbolique. L'église anglicane du Kenya a été condamnée à 2 000 dollars d'amende pour avoir désobéi à la justice. L'institution aurait dû réintégrer trois prêtres qu'elle avait accusés à tort d'homosexualité. Une affaire qui défraie la chronique depuis quatre ans au Kenya.

« Nos décisions ne sont pas de simples suggestions ou de la décoration », a tonné le juge Nzioki Makau mardi 15 mai. Le Tribunal du travail a condamné l'Eglise anglicane pour avoir désobéi à la justice. En effet fin 2016, l'institution avait déjà été condamnée à réintégrer trois prêtres accusés à tort d'homosexualité et à leur verser des dommages et intérêts. Un verdict jamais appliqué.

L'affaire date de 2014 lorsque, dans le diocèse du Mont Kenya West, trois religieux se retrouvent accusés de relations homosexuelles. Un acte puni de 14 ans de prison dans le droit kényan. Un tribunal mis en place par le diocèse les reconnaît coupables et les suspend. Mais les trois hommes ne se laissent pas faire et portent plainte.

Les juges leur donnent raison. Selon les magistrats, les accusations de l'Eglise étaient non fondées et illégales. Sauf que l'institution ne se plie pas au verdict, d'où un nouveau procès.

A la barre, l'un des trois prêtres, l'archidiacre John Gachau, a accusé l'évêque de complot. Monseigneur Joseph Kagunda l'aurait considéré comme un rival depuis qu'il s'était présenté à une élection contre lui. « L'évêque a fabriqué ces allégations pour ternir ma réputation et ma dignité », a déclaré John Gachau.

Une affaire qui ne surprend pas Neelah Ghoshal, de Human Rights Watch. Elle explique que l'homosexualité est souvent utilisée comme un outil politique. Selon la chercheuse, « le Kenya offre un contexte propice puisque les homosexuels sont stigmatisés et punis par la loi ».

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