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Cameroun

Crise au Cameroun anglophone: l’Eglise fait part de sa préoccupation

Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, Cameroun anglophone.
© Reinnier KAZE / AFP

Les évêques camerounais lancent un cri de détresse concernant la situation dans les zones anglophones. Ces régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en crise depuis un an et demi et où les violences s'intensifient. La Conférence épiscopale du Cameroun redoute même une guerre civile, et pour l'éviter, elle estime qu'une médiation est indispensable.

L'Eglise catholique se dit prête à jouer le rôle de médiateur au Cameroun, pour essayer d'apaiser les tensions en zone anglophone. Les évêques considèrent qu'une médiation est désormais indispensable pour éviter une « guerre civile inutile ». Depuis des mois, la situation ne cesse de se dégrader, à tel point que 160 000 personnes ont fui leur maison, selon les Nations unies. Et pour l'instant, aucune solution politique ne se dessine.

Depuis des mois, les séparatistes anglophones réclament une médiation internationale, mais jusqu'à présent, le gouvernement camerounais refuse, et pendant ce temps, le dialogue est au point mort. Une impasse, selon l'Eglise catholique, qui propose donc ses services.

« On ne s'impose pas, explique le président de la Conférence épiscopale, mais si les autorités décident de faire appel à nous, nous sommes prêts. » Selon monseigneur Kleda, il faut absolument dialoguer, y compris avec les groupes armés. « Le dialogue doit concerner tout le monde, plaide l'archevêque, parce que si certaines personnes sont mises de côté, elles continueront toujours leur lutte de revendication. »

Nous avons demandé dès le début que les parties qui ont le pouvoir de dialoguer s’asseyent.
Monseigneur Samuel Kleda, archevêque de Douala et président de la Conférence des évêques
17-05-2018 - Par Anne Cantener

Certains évêques anglophones ont déjà pris quelques initiatives, en rencontrant par exemple le gouverneur de la région du Nord-Ouest il y a quelques mois. Ils avaient également eu des mots très durs pour décrire la crise anglophone et la répression des autorités, rapidement nuancés par la Conférence éspiscopale.

Mais aujourd'hui, une source au sein du clergé assure que la quasi-totalité des évêques sont sur la même ligne : seuls trois ou quatre évêques sur 28 préfèreraient ne pas s'impliquer dans la crise, mais selon cette source, tous les autres soutiennent l'idée d'une médiation de l'Eglise. Et ils demandent la mise en oeuvre des mesures de décentralisation promises dans les années 90.

Pour l'instant, les autorités camerounaises n'ont pas répondu à la proposition de médiation de l'Eglise catholique.

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