Soudan du Sud: un nouveau round de négociation pour la paix s’ouvre en Ethiopie

Combattant rebelle devant une mosquée de Bentiu, au Soudan du Sud, le 20 avril 2014
© REUTERS/Emre Rende

Après cinq ans de guerre et un accord de paix bloqué au Soudan du Sud, des négociations ont repris ce jeudi en Ethiopie. Il s'agit d'un troisième round de discussions qui doit durer cinq jours, en présence du gouvernement et des différents partis politiques et groupes armés, sous l’égide de l’organisation régionale l’Igad. Des négociations de la dernière chance, car la communauté internationale s’impatiente face à une crise humanitaire de grande ampleur.

L’Igad, l’organisation régionale, a donné jusqu’au 21 mai, donc lundi, au belligérants pour signer un nouvel accord de paix. Au total, ils sont environ 200 autour de la table des négociations avec 28 partis politiques représentés, la société civile et les responsables du gouvernement. Deux cents pour tenter de raviver un accord de paix conclu il y a trois ans entre le président sud-soudanais Salva Kiir et l’ex-vice-président Riek Machar, aujourd’hui en exil.

Au fils du temps et des scissions, les protagonistes se sont multipliés. Aujourd’hui, chacun tente de négocier son entrée au gouvernement, estime l’analyste sud-soudanais James Okuk. Les négociations vont être difficiles, ajoute-t-il, tant les dissensions sont importantes et le temps imparti est court : cinq jours. Tout dépendra des concessions des uns et des autres. Parmi les principaux points de contentieux : la structure du gouvernement, les places allouées aux uns et aux autres au Parlement et la période de transition.

Le retour de Riek Machar ?

Les discussions tournent donc entre autres autour du partage du pouvoir. Les avancées vont dépendre des concessions que sont prêts à faire les uns et les autres. Un des points d’achoppement, c’est aussi le retour de Riek Machar dans le pays. L’ex-vice-président est en exil depuis près de deux ans en Afrique du Sud. Son parti exige son retour, mais pour le président Salva Kiir, Riek Machar peut rentrer en tant que simple citoyen. Il ne peut pas revenir comme vice-président. Si ce point-là n’est pas résolu, le nouvel accord de paix est loin d’être signé.

Cela pourrait être les négociations de la dernière chance. La communauté internationale s’impatiente. L’UE et plus récemment les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre Juba. Et les Nations unies ainsi que l'Union africaine pourraient être les prochaines. Sept millions de Sud-Soudanais – soit la moitié de la population – ont besoin d’une assistance humanitaire a estimé cette semaine le sous-secrétaire aux affaires humanitaires des Nations unies en visite dans le pays.

Par ailleurs, la mission des Nations unies au Soudan du Sud a annoncé ce jeudi 17 mai l’envoi de 150 casques bleus dans l’Etat d’Unité, pour protéger la population, victime de combats entre l’armée régulière et des rebelles. Malgré un cessez-le-feu, signé à plusieurs reprises, les combats dans le pays n’ont jamais cessé et se sont étendus à cet Etat riche en pétrole.

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