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Mali

Mali: des «civils» ou des «terroristes» tués à Boulikessi?

Des militaires maliens patrouillent à Ménaka pendant la visite du Premier ministre, le 9 mai 2018.
© Sebastien RIEUSSEC / AFP

48 heures après la mort d'un militaire malien et d'une douzaine de personnes dans la localité de Boulikessi située au nord, vers la frontière avec le Burkina Faso, le ministère malien de la défense donne sa version des faits. Une version vigoureusement contestée par les familles des victimes.

Après 48 heures de silence, le ministère malien de la Défense s’exprime : A Boulikessy le 19 mai, une patrouille de l’armée malienne sous contrôle de la force conjointe G5 Sahel, est « accroché par les terroristes », précise le communiqué officiel. « Un militaire malien est tué, et douze terroristes neutralisés », poursuit le même communiqué.

Faux, rétorquent plusieurs autres sources. D’abord, des parents de victimes. Hamadou Diallo par exemple explique : « Nos parents tués à au nombre de 15 n’étaient pas des terroristes, mais de simples civils ». Sa version des faits ? Deux présumés jihadistes attaquent et tuent un militaire malien. En représailles « 15 cvils sont tués par des hommes en uniformes ». Cette version est confirmée par l’entourage immédiat du chef de ville de Boulikessy.

A Bamako, c’est un autre ressortissant de cette même localité située vers la frontière avec le Burkina Faso qui s’insurge. Souelemane Diallo a perdu des parents après ce qu’il appelle « un massacre ». Des visiteurs défilent chez lui pour présenter des condoléances… « Pensez-vous que s’ils étaient des terroristes j’aurais reçu ouvertement des messages de condoléances ? » Sa conclusion : « le ministre de la Défense du Mali est un homme honnête, mais on lui a fait un faux rapport ».

Autre réaction, celle d’une source au coeur de la Force conjointe G5 : après les événements, on n'a pas retrouvé sur les personnes décédes, ni armes de guerre ni grenades qu’on retrouve généralement chez les présumés jiahdistes en opération.

 

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