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Tunisie Justice

Tunisie: l'Instance vérité et dignité va finalement poursuivre ses travaux

Une affiche représentant Ben Ali déchirée en 2011 (image d'archive).
© L-L.Westerhoff/RFI

En Tunisie, l'Instance vérité et dignité chargée de la justice transitionnelle pourra finalement poursuivre ses travaux. Malgré un avis défavorable du Parlement, qui a voté en mars dernier contre la prolongation des travaux de l'IVD, l'instance a fini par se mettre d'accord avec le gouvernement pour continuer sa mission et solder les comptes du passé dictatorial de la Tunisie. Un accord qui intervient alors que doit s'ouvrir, demain mardi 29 mai à Gabès, dans le sud-est du pays, le premier procès instruit par l'IVD.

C'est un signe d'apaisement. L'accord avec le gouvernement intervient après des semaines de doutes et de polémiques sur l'avenir de l'Instance vérité et dignité. Certes, le gouvernement ne se mouille pas. Le texte ne mentionne pas explicitement que l'IVD pourra prolonger ses travaux, comme elle le souhaite, jusqu'au 31 décembre. Mais le gouvernement y exprime en revanche son attachement au processus de justice transitionnelle et sa volonté de coopérer avec l'instance.

Il faut dire que la tâche de l'IVD, titanesque, est loin d'être terminée. L'instance a déjà recueilli plus de 62 000 dossiers, entendu près de 50 000 personnes. Et doit encore renvoyer les plaintes devant des chambres spécialisées pour que justice soit rendue aux victimes des dictatures. Un processus qui bien sûr dérange à l'heure où certaines figures de l'ancien régime sont de retour au pouvoir.

Dans ce contexte, l'accord entre le gouvernement et l'IVD, malgré ses ambiguïtés, est rassurant, estime Amna Guellali, la directrice du bureau de Tunis de l'ONG Human Rights Watch. Difficile de savoir quelles ont été les coulisses de cet accord. La pression de la société civile a certainement joué un rôle. Mais aussi la volonté du pouvoir tunisien de ne pas écorner son image à l'international : l'image d'un pays démocratique, seul rescapé du printemps arabe.

Pour l'instant, l'IVD a transmis au moins 32 dossiers à la justice. Le premier procès instruit par l'instance, qui commencera demain mardi 29 mai à Gabès, concerne l'affaire Kamel Matmati, du nom d'un islamiste mort sous la torture en octobre 1991, à l'époque de Ben Ali.

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