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Cameroun

Cameroun: à 5 mois de la présidentielle, l’instance chargée des élections change de tête

Opération de vote de Yaoundé, au Cameroun (illustration).
© REUTERS/Akintunde Akinleye

Au Cameroun, l’élection présidentielle doit avoir lieu au mois d’octobre prochain. Et c’est dans ce contexte que le directeur de l'instance chargée des scrutins, Elecam, vient de changer. Le précédent a été limogé pour « faute lourde » et pour une « gestion opaque et calamiteuse des ressources de la structure ». C’est la première fois qu'un directeur général d'Elecam est désavoué par sa propre institution.

Avec la nomination de Erik Essousse, Paul Biya n’a pas été chercher bien loin. Le nouveau directeur général des élections au Cameroun est juste monté une marche au-dessus, au sommet d’une maison qu’il connait déjà très bien (il y est depuis 2006) et au sein de laquelle il était déjà, jusqu’à sa nomination, directeur général adjoint.

Il remplace à ce poste Abdoulaye Babale, que le Conseil électoral avait sanctionné de faute lourde au terme d’une session extraordinaire vendredi dernier. Il lui était notamment reproché une gestion opaque et calamiteuse des ressources humaines et financières, ce qui aurait entraîné une démotivation du personnel. Les relations entre le directeur général limogé lundi et le conseil électoral étaient mauvaises. Il y a quelques semaines, des salariés d'Elecam s'étaient même mis en grève pour la première fois, pour dénoncer des retards dans le paiement des salaires.

« Au moins, il sait organiser des élections »

Erik Essousse, qui le remplace à la tête d’Elecam, a aussi un long passé de fonctionnaire au ministère de l’Administration territoriale entre autres comme sous-directeur des Libertés publiques. A ce poste, il exerçait le suivi quotidien de la presse écrite. Autrement dit, il était celui qui délivrait autorisations ou censures aux médias. Il était la bête noire des journalistes, se souvient l'un d'entre eux, qui évoque un homme extrêmement rigoureux.

Historien de formation, celui que sa biographie présente aussi comme un spécialiste des questions électorales a désormais la haute main sur l’organisation des scrutins électoraux au Cameroun. Il entre en fonction dans une année charnière alors que se tient dans quelques mois une élection présidentielle.

Ce changement va permettre de ramener un peu de sérénité, estime l'opposant Joshua Osih. Le candidat du SDF à la prochaine présidentielle résume, en parlant du nouveau directeur général et de son passé au sein d'Elecam : « Il a organisé des élections contestées, mais au moins, il sait organiser des élections. »

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