Libye: un accord pour des élections le 10 décembre 2018

Les protagonistes de la crise libyenne réunis à l'Elysée, Paris, le 29 mai 2018.
© Etienne Laurent/Pool via Reuters

Les quatre principaux protagonistes de la crise libyenne se sont retrouvés, ce mardi, autour de la même table. Les deux grands rivaux de l'Ouest et de l'Est, Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d'union de Tripoli, et le maréchal Haftar, l'homme fort de Benghazi, se sont donc réunis avec le président de la Chambre des représentants et celui du Conseil d'Etat à l'Elysée lors de cette nouvelle initiative de Paris pour tenter de trouver une sortie de crise en Libye. Un accord a été trouvé, les responsables libyens s'engagent à travailler ensemble pour des élections prévues le 10 décembre 2018.

L’accord qui vient d’être annoncé et qui prévoit des élections pour la fin de l’année a été qualifié d’étape clé pour la réconciliation par Emmanuel Macron : « D’ici au 16 septembre, il y a eu un engagement commun pour prendre les dispositions qui permettront d’organiser de manière satisfaisante un processus électoral. Soit avec une nouvelle Constitution, soit sur la base d’une loi électorale qui aura été dûment votée. Les trois présidents et le maréchal Haftar se sont engagés sur cela. Ce qui est essentiel, parce qu’ils sont les acteurs qui rendront possible ce processus, là où depuis des mois nous étions bloqués par les non-reconnaissances mutuelles et la capacité de l’un ou de l’autre à interrompre le processus. Deuxième élément, c’est l’organisation pour le 10 décembre 2018 d’élections présidentielle et législatives. Et donc, l’engagement sur la base de ce processus de redonner pleinement, sûrement, au peuple libyen sa souveraineté et lui permettre de l’exprimer à cette date ».

L’information principale de cette réunion, c’est donc le calendrier, mais ce qu’il faut d’abord préciser, c’est que cet accord n’a pas été signé par les quatre représentants libyens. Tous les acteurs souhaitent d’abord le soumettre à leurs différents représentants en Libye ,alors que les différentes parties ne se reconnaissent pas. Pour l’heure, cette feuille de route a donc été adoptée, ce qui engage tout de même les parties en présence à respecter cet accord. Emmanuel Macron s’en est d’ailleurs félicité. C’est la première fois, a-t-il dit, que sous ce format-là ces dirigeants se sont réunions, ont adopté une déclaration commune.

Journée historique pour Ghassan Salamé

Le point central de ce texte, c’est donc la tenue d’élections présidentielle et législatives le 10 décembre prochain. La France militait depuis des mois pour qu’un scrutin présidentiel ait lieu d’ici la fin de l’année. Les différents acteurs se sont engagés à respecter les résultats de ces élections et à garantir la bonne tenue du processus électoral. Le référendum sur la nouvelle Constitution pourrait, lui, être adopté avant le 16 septembre. Et si tel n’était pas le cas, s’il n’était pas adopté avant cette date, une loi électorale serait donc votée pour permettre la tenue du scrutin présidentiel.

C’est une journée historique pour Ghassan Salamé, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye : « Ce qui rend cette réunion importante c’est que des organisations régionales d’importance, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats arabes, mais également des chefs d’Etat des pays voisins, des responsables de pays fortement intéressés par l’avenir de la Libye, sont venus tenir le même discours et prendre les mêmes engagements. Et surtout - c’est là ce qui est essentiel -, être témoin de l’accord des Libyens entre eux. C’est pourquoi je pense que c’est un moment qui sera marqué dans l’histoire d’une pierre blanche. C’est une journée importante pour la Libye et je suis heureux d’en être témoin ». Le principe d’un point d’étape a également été acté, ainsi, une conférence devrait se tenir dans les prochains mois sous l’égide des Nations unies.

Par ailleurs, en marge de cette réunion, le Premier ministre libyen a appelé la communauté internationale à « un effort colossal » pour aider son pays à faire face à la crise migratoire. Des « centaines de milliers » de migrants sont présents dans le pays, a déclaré Fayez al-Sarraj.

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