RCA: l'avocat français Juan Branco évincé de la Cour pénale spéciale et expulsé

Juan Branco, en octobre 2017.
© Archives personnels/JB

L'avocat français Juan Branco a dû quitter la Centrafrique précipitamment. Spécialiste en droit international, embauché par l'ONU en tant qu'expert indépendant pour travailler auprès du procureur spécial de la Cour pénale spéciale, la Minusca a mis brutalement un terme à son contrat. Elle lui reproche une série de prises de parole publique.

L'expert international Juan Branco, chargé avec d'autres d'élaborer une stratégie de poursuites – un plan d'enquête pour le procureur spécial – est viré par la Minusca. Cette affaire survient alors que la Cour pénale spéciale, chargée de juger les crimes les plus graves commis en RCA depuis 2003, entre bientôt dans sa phase opérationnelle.

Juan Branco, avocat médiatique spécialisé en droit international, avait été embauché comme expert consultant par la Minusca pour travailler pour la CPS. Mais une série de tweets il y a quelques jours accusant les casques bleus rwandais d'avoir « massacré » 30 civils le 10 avril dernier au PK5 à Bangui, ainsi que des interrogations publiquement exprimées sur la possibilité ou non pour la Cour d'enquêter sur les crimes présumés commis par des casques bleus, auront scellé son sort.

« Les tweets qu'il a publiés et qui concernaient sa mission étaient de nature à mettre en danger sa sécurité, celle de l'équipe et des consultants de la Cour pénale spéciale et de la mission. C'est pour cette raison que nous avons pris cette décision. Ce sont des activités par ailleurs incompatibles avec l'obligation de réserve qui s'impose aux personnes en relations contractuelles avec les Nations unies », justifie Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

Selon Juan Branco, son éviction est surtout la preuve que la CPS ne peut être indépendante de la Minusca. « Il est essentiel que cette mission de consultance soit arrêtée, c'est-à-dire que le procureur spécial reprenne la main sur sa stratégie d'enquête, que ce ne soit pas des personnes dépendantes de la Minusca qui l'élaborent. Car si un doute était permis avant cette affaire, il est aujourd'hui évident qu'il lui sera impossible dans ces conditions d'élaborer une stratégie objective et impartiale et que sa situation et la perception de son action à partir de là sera nécessairement atteinte. »

Juan Branco a déposé un recours devant les instances ad hoc.

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