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RDC

RDC: En Ituri, timide retour des déplacés mais la situation reste instable

Des enfants déplacés internes attendent la distribution de nourriture dans un camp de personnes déplacées à Bunia, dans la province d'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 12 avril 2018 (illustration).
© REUTERS/Goran Tomasevic

Situation toujours préoccupante en Ituri, six mois après le début de la crise qui a éclaté en décembre dernier dans cette province de la RDC. L'heure n'est plus aux massacres, mais le quotidien des populations reste précaire. La situation se normalise dans certaines parties du territoire de Djugu, épicentre de la crise, mais des cas isolées de meurtres, de saccages et d'enlèvements sont encore signalés chaque semaine. Ce qui alimente la méfiance et freine le retour des populations déplacées.

La tendance est toujours au retour. Mais un retour timide. Selon une estimation, 37000 personnes avaient quitté mi-mai leur lieu de déplacement. Un chiffre à prendre avec précaution, tant la situation est volatile. Sur les grands axes on circule à nouveau. Les marchés ont repris, mais un rapport consulté par RFI déplore la présence, dans certaines zones, « d'hommes en armes présumés Lendu » et toujours non identifiés, qui « continuent de circuler et de commettre des exactions » isolées : enlèvements, meurtres, et restrictions d'accès aux champs.

Selon les sources, entre 1200 et 5000 nouveaux déplacés ont même été enregistrés à Bunia au mois de mai mai. Certains fuient par peur les villages qu'ils avaient regagné lorsque par exemple l'armée qui les sécurisait décide de se déplacer ; d'autres fuient de nouvelles violences comme le 23 mai par exemple à Mbaba où, de source onusienne, 11 maisons ont été brûlées, 1 homme tué, et 4 personnes blessées dont 1 enfant.

Quant à ceux qui quittent leurs camps de déplacés ou les familles d'accueil, qui manquent de moyens, ils ne rentrent pas nécessairement chez eux. Certains s'entassent dans des camps informels, découverts au fur et à mesure. L'organisation MSF en a ainsi recensé 7 au niveau de Inga-Barrière à la sortie de Bunia, dont deux découverts encore la semaine dernière. Ils abritent des centaines de familles à qui l'ONG apporte les premiers soins.

Quand aux réfugiés partis en Ouganda, de source humanitaire 4000 seraient rentrés. Mais de nouvelles arrivées sont aussi signalées. Des chiffres, là encore, à prendre avec précaution. Pour le gouverneur de la province de l'Ituri la « situation évolue positivement » malgré la méfiance qui continue de régner entre communautés. Une campagne de sensibilisation doit débuter en fin de semaine avec l'appui de la Monusco dont trois bases temporaires sont toujours déployées dans la zone. Elles sont désormais installées à Blukwa, Katoto depuis le 15 mai et Libi depuis le 17 mai.

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