Togo: l'Aped empêchée de dévoiler sa solution pour une sortie de crise

Vue de la ville de Lomé, au Togo, en octobre 2017.
© AFP/Yannick Folly

La crise ne finit pas au Togo. Le dialogue est suspendu depuis le 23 mars et mardi 29 mai les avocats membres de l'association pour la promotion de l'Etat de droit (Aped) ont été empêchés de ternir une conférence de presse au Centre d'éducation sociale pour l'apostolat. Ils avaient pour objectif de proposer une solution de sortie crise – des propositions de réformes, mais aussi une transition et un déploiement des forces de la CEDEAO avant, pendant et après les élections. Mais les journalistes ont dû se contenter d'une rapide déclaration, puisque les gendarmes étaient prêts à dégainer pour les disperser.

Avec notre correspondant à Lomé,

Djovi Gally, Zeus Ajavon et Jean Dégli, trois avocats connus au barreau de Lomé, avaient des solutions à avancer. Ils proposaient la libération sans condition de toutes les personnes détenues pour des raisons politiques pour apaiser le pays, la mise en place des réformes convenues telle la limitation du mandat présidentiel à deux avec la mention « en aucun cas nul ne peut faire plus de deux mandats » ainsi que l'élection du président de la République au scrutin uninominal à deux tours. Des réformes qui doivent se faire de manière consensuelle, par voie parlementaire, insistent les trois avocats.

L’Aped demande aussi au président de la République de « répondre à la soif d’alternance » des Togolais. « Nous avons estimé, rapporte Maître Djovi Gally, que compte tenu de la détermination de la population » depuis août 2017, « il appartient au chef de l’Etat lui-même, en toute âme et conscience, de décider du plus opportun candidat à l’élection présidentielle de 2021 ». Ceci afin de « permettre une certaine paix » et de « rentrer dans l’histoire en quelque sorte ».

La conférence de presse n'a pourtant pas eu lieu, empêchée par les gendarmes déployés sur les lieux et prêts à dégainer. Contacté plus tard, le ministre de la Sécurité, Yark Damehame a déploré la situation : « c'était un malentendu, on ne devrait pas empêcher ».

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