Nouvelle constitution au Burundi: le recours de l'opposition rejeté

Le leader de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, vote lors du référendum constitutionnel à Kiremba, le 17 mai 2018.
© REUTERS/Evrard Ngendakumana

Au Burundi, la Cour constitutionnelle a déclaré non-fondé le recours en nullité de la coalition d'opposition Amizero y'Abarundi introduit une semaine plus tôt. Elle a validé dans la foulée la large victoire du « Oui » lors du référendum constitutionnel du 17 mai dernier, qui devrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu'en 2034 et lui donner une mainmise totale sur le pouvoir. Le président pourrait promulguer dans la foulée la nouvelle Constitution pour « tourner la page de la Constitution de 2005 » et montrer à ses nombreux détracteurs que le processus est « irréversible ». Les conséquences de ce changement ne devraient pas tarder.

Le parti CNDD-FDD au pouvoir au Burundi a salué un moment historique. « Il faut s'attendre à de grands bouleversements politiques dans le pays », assure un de ses cadres.

Les choses devraient aller vite. Selon une disposition de la nouvelle Constitution, celle-ci entre en vigueur le jour de sa signature sauf pour les institutions élues, notamment le chef de l'Etat, le Parlement et les conseils communaux qui restent en place jusqu'aux élections générales de 2020. Le gouvernement non-élu devrait faire le premier les frais de ces changements annoncés.

Concentration du pouvoir

Le premier vice-président issu officiellement de la communauté tutsi et d'un parti autre que celui du président, devrait garder son poste, devenu purement symbolique. Celui de deuxième vice-président va être remplacé par le poste de Premier ministre mais le véritable chef de gouvernement sera Pierre Nkurunziza qui concentrera désormais tous les pouvoirs entre ses mains.

Enfin, le président n'est plus tenu de prendre dans le gouvernement des membres des partis d'oppositions qui ont obtenu plus de 5 % aux législatives. Les cinq ministres issus de la coalition d'opposition Amizero y'Abarundi devraient en faire les frais d'ici peu.

D'autres postes hauts placés devraient suivre avant que le président Pierre Nkurunziza et son parti ne s'attaquent à une tâche législative de longue haleine. Il fallait jusqu'ici une majorité qualifiée des deux tiers pour voter les simples lois. Elle est ramenée à la majorité absolue par la nouvelle Constitution. Le président de l'Assemblée nationale a déjà annoncé s'atteler à l'avenir à modifier tous les textes de loi pour lesquels il a fallu transiger avec l'opposition.

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