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Mauritanie

Mauritanie: le mouvement anti-esclavagiste IRA se trouve un parti politique

Vue aérienne de la ville de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. (Image d'illustration)
© GEORGES GOBET / AFP

En Mauritanie, c'est Sawab, parti nationaliste d'obédience baathiste, qui a accepté de s'allier avec les militants abolitionnistes du mouvement IRA qui n'ont jamais réussi à faire légaliser leur parti. Une alliance pragmatique scellée en fanfare à Nouakchott ce 31 mai, lors d’une conférence de presse aux allures de meetings politiques. Une alliance qui va surtout permettre au mouvement IRA de participer aux municipales de 2018 et législatives de 2019.

Le  pacte a été scellé à la faveur à l'occasion d'une conférence de presse transformée en meeting. En Mauritanie, les militants du mouvement Ira et ceux de Sawap étaient nombreux à approuver cette union politique.

L'évenement a été salué par le président de Sawap, Abdel Salam Horma. « Au nom du parti et des militants de sawap, je souhaite la bienvenue parmi nous de ce grand leader Biram dah ould Abeid, a-t-il déclaré. Avec lui, nous nous engageons dans une bataille commune  contre l'injustice et l'exclusion pour une Mauritanie  plus démocratique et plus solidaire. Avec Biram, nous oeuvrerons à la consolidation de son unité nationale ».

Des militants anti-esclavagistes avec des nationalistes arabes, l'alliance peut surprendre, mais ce n'est pas une première en Mauritanie. En 2003, Messaoud ould Boulkheir, leader haratine et interdit de parti politique, s'était aussi trouvé un parti d'accueil nationaliste, celui des nasséristes de l'APP.

Avec Sawab, l'IRA se dote à son tour aujourd'hui d'une nouvelle vitrine  fréquentable, et indispensable pour continuer son ascension politique. Arrivé second à la présidentielle de 2014, le président de l'IRA Biram dah ould Abeid n'a jamais réussi à faire légaliser son parti, le RAG. Impossible donc pour lui de participer aux scrutins locaux pour lesquels ne sont validés que les candidatures émanant de structures reconnues.

En intégrant Sawab, le problème est donc réglé, quitte à ce que cela passe par une alliance avec des personnalités de la communauté arabo-berbère que le président de l'IRA critique ouvertement dans ses meetings. Aujourdh'ui la stratégie de Biram est de nouer des accord avec d'autres formations politiques. « Nous nouerons d'autres convergences avec d'autres formations politiques diverses civiles et de la jeunesse, à chaque fois qu'il deviendrait possible de consolider la dynamique de progrès pour la Mauritanie émancipée du populisme, du racisme, du fanatisme religieux, a-t-il poursuivi. Contre la coalition de la régression et du déni, avançons en rangs serrés ».

Pour Sawab, créé en 2004, c'est l'occasion de sortir d'une léthargie politique et d'obtenir grâce à la popularité de l'IRA quelques postes de conseillers municipaux ou de députés.

Un observateur de la vie politique mauritanienne résume : il n'y a là aucune alliance idéologique mais plutôt un partenariat gagnant-gagnant très calculé.

Biram Dah Abeid est un homme politique qui dérange le pouvoir..
Emprisonné à plusieurs reprises, il a reçu en 2013 le prix des droits de l'homme des Nations Unies

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