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Mali

Mali: la police disperse une manifestation d'opposants à Bamako, des blessés

Des partisans de l'opposant Etienne Fakara Sissoko lors d'une manifestation à Bamako, le 2 juin 2018.
© Michele CATTANI / AFP

Ce samedi 2 juin, les forces de l'ordre sont intervenues dans plusieurs secteurs de la capitale malienne et ont tué dans l'œuf ce qui apparaissait comme une démonstration de force des opposants à l'approche de la présidentielle de juillet prochain, malgré l'interdiction de manifester en raison de l'état d'urgence en vigueur.

Très tôt ce samedi 2 juin, des centaines de policiers et de gendarmes appuyés par la garde nationale avaient bouclé les points de départ et d'arrivée de la marche. Les dirigeants de la coalition anti-pouvoir se sont dirigés vers le siège de l'ADP Mali, un parti d'opposition, transformé en quartier général des opposants.

Gaz lacrymogène et coups de matraque

Les leaders de l’opposition malienne avaient quitté les lieux en milieu d’après-midi. Mais deux heures avant, c’était l’endroit le plus chaud de Bamako. Ces dirigeants de l’opposition ont d’abord discuté pacifiquement avec les forces de l’ordre pour qu’ils laissent la marche se dérouler. Mais subitement le ton est monté. RFI a ainsi constaté de multiples jets de gaz lacrymogène et des coups de matraque.

Les slogans hostiles au pouvoir fusaient également : « Vive la démocratie », « Non à la dictature ». Puis les militants se sont dispersés sous un nuage de gaz lacrymogène.

La marche est interdite, c'est ce qu'ils disent ! Mais nous on va manifester !

[Reportage] Chaude journée à Bamako
02-06-2018 - Par Serge Daniel

Tout près de là et toujours au centre-ville de Bamako, quasiment à l’entrée d’un petit marché, un véhicule de la police est arrivé. Nouveaux jets de gaz lacrymogène, des dizaines de personnes se frottaient les yeux. Et nouveaux slogans hostiles au pouvoir.

Un ancien ministre blessé

A deux autres endroits de la capitale malienne, la foule a été dispersée de façon similaire, à l'aide de gaz lacrymogène.

Au service des urgences de l’hôpital Gabriel Touré de Bamako, on a dénombré au moins 16  blessés. Parmi eux, au moins un homme politique, Igor Mamadou Diarra, ancien ministre de l’Economie et candidat à la présidentielle, blessé légèrement et un policier.

L'opposition choquée

L’opposition a rapidement fait savoir sa désapprobation de la gestion de cette manifestation par les forces de sécurité dans une déclaration publique samedi soir. Kalifa Doumbia, le vice-président du parti d'opposition l'Union pour la République et la démocratie (URD), se dit « plus qu’offusqué » et « désemparé ».

« Nous sommes désemparés par rapport à ce comportement indigne de notre époque de la part des autorités. Nous avons demandé que la marche soit sécurisée et nous sommes passés par les moyens légaux. Nous avons informé l’autorité pour que les moyens les plus adéquats soient pris pour préserver la quiétude de la population. »

Kalifa Doumbia estime que ce qui s'est passé est « digne d’une autre époque ». « Ce traitement, on l’avait il y a peut-être 40 ans, 45 ans dans le régime d’exception, mais nous ne pouvons pas comprendre ce comportement de la part d’un gouvernement au XXIe siècle, surtout dans une République qui a été déclarée, au prix du sang, démocratique. »

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