Burkina: mobilisation contre une expérience de moustiques génétiquement modifiés

Le projet Target Malaria veut lutter contre le paludisme en modifiant génétiquement le moustique anophèle.
© GETTY/DEA PICTURE LIBRARY

Plus d'un millier de personnes, des agriculteurs, des étudiants, des femmes et des organisations de la société civile se mobilisent pour dire non aux recherches en cours sur des organismes génétiquement modifiés. Après avoir lutté contre le coton BT modifié de Monsanto, le Collectif citoyen pour l'agroécologie s’oppose à une nouvelle expérience en cours. Celle du projet Target Malaria, qui veut lutter contre le paludisme en freinant la reproduction du moustique anophèle, vecteur de transmission de la maladie à l'homme. Les chercheurs burkinabè se préparent à lâcher dans certaines localités des moustiques génétiquement modifiés stériles.

Ils ont marché dans les rues de la capitale avec leurs banderoles et slogans hostiles aux organismes génétiquement modifiés. Le Collectif citoyen pour l'agroécologie (CCAE) veut interpeller les autorités burkinabè sur les dangers que pourraient constituer les manipulations sur les plantes ou insectes dans le cadre des recherches scientifiques et technologiques.

Blandine Sankara est la coordonnatrice de la manifestation : « Au-delà de la question des OGM du coton, on passe à l’alimentaire. Au-delà de l’alimentaire, maintenant on passe aux moustiques qui sont génétiquement modifiés. Donc nous, nous nous posons des questions. Quels peuvent être les impacts de tout cela ? Surtout la dernière trouvaille contre le paludisme. Est-ce qu’il n’y a pas d’autres solutions endogènes par rapport à la lutte contre le palu, plutôt que de sauter dans le vide ? »

Selon le Collectif citoyen pour l'agroécologie, des chercheurs burkinabè s'apprêtent à lâcher, dans plusieurs localités de l’ouest du pays, des moustiques génétiquement modifiés stériles, dans le cadre du projet Target Malaria de lutte contre le paludisme.

« Nous avons demandé : est-ce qu’en modifiant leurs génomes, ils ne pourront pas désormais héberger des maladies telles que le sida, Ebola, l’hépatite et bien d’autres ? interroge Ali Tapsoba, le porte-parole du CCAE. Nous n’avons pas de réponses en amont à cette question. Donc voilà une des raisons qui peuvent engendrer des conséquences sanitaires et qui fait que nous nous méfions ».

Les manifestants ont remis aux autorités un mémorandum dans lequel sont consignées toutes leurs inquiétudes sur les recherches en cours sur les organismes génétiquement modifiés au Burkina Faso.

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