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Kenya

Corruption au Kenya: le gouvernement montre les muscles

Uhuru Kenyatta, président du Kenya, ici lors de son discours après sa réélection, à Nairobi, le 30 octobre 2017.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Au Kenya, le président Uhuru Kenyatta déclare la guerre à la corruption. Une réponse aux nombreux scandales qui ont éclaté dans le pays ces dernières semaines, dont celui  du service national de la jeunesse, ou NYS, un programme qu'il a lui-même mis en place en 2014 et au sein duquel près de 90 millions de dollars auraient été détournés. Alors que plusieurs suspects ont été arrêtés, le gouvernement veut montrer son engagement. Le ministère de l'Intérieur a annoncé lundi la suspension provisoire de nombreux fonctionnaires qui devront prouver leur probité pour retrouver leur poste.

Uhuru Kenyatta avait prévenu : « Les fonctionnaires corrompus n'ont pas leur place dans mon administration ». Lors de son discours à l'occasion des commémorations de l'indépendance du Kenya vendredi dernier, le président a déclaré une véritable guerre contre la corruption, annonçant que les membres de la fonction publique devraient passer au détecteur de mensonge pour prouver leur intégrité.

Lundi, le gouvernement a mis ses menaces à exécution. Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, les fonctionnaires en charge des achats, des acquisitions et de la comptabilité dans tous les ministères et toutes les agences gouvernementales doivent quitter leur poste immédiatement pour un congé forcé d'une durée de trente jours. Pour retrouver leurs fonctions, ils devront présenter leurs actifs et leur bilan au gouvernement.

Longtemps accusé de laxisme face à la corruption, le gouvernement d'Uhuru Kenyatta montre donc les muscles. Mais pour l'activiste Boniface Mwangi, il ne va pas assez loin. Sur Twitter, le défenseur des droits de l'homme dénonce une mesure qui touche seulement les fonctionnaires et non les responsables politiques. Reste à savoir jusqu'ou ira le gouvernement, et la justice.  Sur les dizaines d'affaires de corruption révélées par les médias depuis 2013, il y a eu très peu de condamnations.

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