Niger: triple explosion meurtrière à Diffa, près de la frontière nigériane

Des soldats du Niger à proximité de la frontière du Nigeria et de la ville de Diffa (photod'illustration).
© Reuters

Une, deux puis trois explosions. Lundi 4 juin 2018 à Diffa, la capitale régionale du sud-est du Niger, à la frontière avec le Nigeria, a été frappée par une série d'attentats-suicides. Le bilan provisoire est d'au moins neuf morts et 37 blessés.

Les attentats sont survenus dans la soirée de lundi. Deux femmes et un homme ont déclenché leurs explosifs aux abords d'une école coranique, dans le vieux quartier de la ville de Diffa. On dénombre plusieurs élèves parmi les victimes.

Ce mardi matin, les écoles et le marché étaient fermés. Des sources sur place ont évoqué des patrouilles des forces de sécurité dans les rues. « C'est la première fois qu'une attaque de ce type a lieu à Diffa », confie à RFI un ancien préfet joint par téléphone.

Jusque-là, les terroristes s'attaquaient aux forces de sécurité, « cette fois, ils ont vraiment visé la population », explique-t-il. Le vieux quartier est en effet très fréquenté en soirée en cette période de ramadan.

Pourquoi les terroristes changent-ils de stratégie ?

La région de Diffa est la cible régulière d'attaques du groupe Boko Haram venu du Nigeria voisin. Les terroristes avaient jusque-là plutôt tendance à mener des opérations armes à la main contre des postes militaires. Sept soldats ont ainsi été abattus vers Toumour en janvier.

Depuis l'année dernière, l'usage de kamikazes s'est renforcé. En juin 2017 notamment, deux femmes s'étaient fait exploser dans un camp de réfugiés à Kabalewa.

Selon certains experts, ce changement de mode opératoire serait le signe d'un affaiblissement militaire de Boko Haram qui n'aurait plus les moyens d'affronter directement les armées du Niger ou du Nigeria.

Probablement que cette attaque sur Diffa, qui est assez exceptionnel si l'on compare aux deux-trois années écoulées, a pour fonction d'essayer de disperser un peu l'effort des armées régionales, notamment l'armée du Niger qui est très impliquée en ce moment sur le lac. [...] Boko Haram est un mouvement qui déjà par le passé s'est dispersé et a repris le combat. C'est un mouvement qui est capable de temporiser, qui est capable de passer à la guérilla, au terrorisme. Mais c'est vrai que Boko Haram est sous pression
Vincent Foucher, chercheur au Centre national de recherche scientifique, spécialiste des questions sécuritaires
05-06-2018 - Par Alexandra Brangeon

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