Sénégal: le procès en appel de Khalifa Sall renvoyé au 9 juillet

Le procès en appel de Khalifa Sall (au fond de la salle du tribunal saluant ses proches) a été reporté au 9 juillet prochain.
© RFI/GUillaume Thibault

Au Sénégal, Khalifa Sall était à nouveau devant les juges ce mardi matin. La décision était attendue: le procès en appel du maire de Dakar, qui a été condamné à 5 ans de prison pour escroquerie fin mars, a été reporté pour permettre à la défense de se préparer… Un renvoi au 9 juillet, un délai de plus d’un mois donc pourtant jugé insuffisant par les avocats de Khalifa Sall.

Cette première audience ouverte sous les cris des partisans de Khalifa Sall a permis à toutes les parties de se jauger. Et le juge Demba Kandji a cherché dès ses premiers mots à imposer son style directif ; à faire comprendre qu’il était le maître du jeu.

La défense qui estime que les règles n’ont pas été respectées a demandé un report au mois de novembre. Le juge a tranché pour le 9 juillet. Un délai trop court pour maître Seydou Diagne. « Les personnes accusées doivent bénéficier du temps nécessaire pour préparer leur défense, explique à RFI l'avocat de Khalifa Sall. Pour nous c’est cinq à six mois, c’est connu par le monde entier que le régime du président Macky Sall s’évertue à utiliser la justice sénégalaise pour écarter des candidats potentiels. Ça, on le sait ». Pour l'avocat, « ce n'est pas quelque chose de rassurant de voir que dame Justice s'empresse pour organiser ce procès en appel », et ce délai selon lui « ne garantit pas les conditions minimales d'un procès équitable ».

La mairie de Dakar, partie civile demandait aussi un report du procès pour la fin novembre. Une date jugée aberrante pour le parquet comme pour les avocats de l’Etat qui estiment que Khalifa Sall tente d’imposer son agenda politique à la cour d’appel. « Bien sûr, ils ont un agenda qui est politique, pas judiciaire, nous explique maître Yerim Thiam. Nous, notre agenda, il est purement judiciaire. Il y a un délit, il doit être jugé. Maintenant, s’il veut être candidat… Franchement, nous, cela ne nous concerne pas ». Pour le parquet et les avocats de l'Etat, ce renvoi n'était pas nécessaire car ce dossier est en état d'être jugé. Maitre Yérim Thiam n'attend qu'une chose : que la peine en première instance soit confirmée. « Leur tactique est simple, il faut que le dossier soit mis en état d'abord. Ca veut dire qu'une fois la mise en état faite, ils vont encore demander un renvoi. On connaît tous ces vieilles ficelles. On demande à ce que la cour confirme le jugement de première instance, c'est tout. »

Le juge Demba Kandji a donc affirmé, comme le veut l’Etat, que les débats débuteront le 9 juillet. Mais les avocats de Khalifa Sall comptent bien user du droit et demander de nouveaux renvois.

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