Togo: manifestation de l'opposition avortée à Lomé

Manifestation à l'appel de l'opposition togolaise dans les rues de Lomé, le 5 octobre 2017 (image d'illustration).
© MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

L'opposition togolaise, qui continue de réclamer un retour à la Constitution de 1992 et une alternance politique, voulait descendre dans les rues de la capitale, Lomé, ce mercredi matin. Mais les forces de l'ordre l'en ont dissuadée.

Comme la semaine précédente, les opposants se sont rendus au ministère de l’Administration territoriale, qui les a « orientés vers un quartier à la périphérie de Lomé », raconte Eric Dupuy, chargé de communication de l'Alliance nationale pour le changement, le parti de Jean-Pierre Fabre. Une proposition refusée par l’opposition.

« Cela fait déjà un moment que systématiquement nous informons le ministère de l’Administration territoriale pour les marches et que, systématiquement, le ministère interdit toute manifestation, y compris même les meetings politiques », dénonce Eric Dupuy.

« Le sentiment que le régime fait du dilatoire »

D’après lui, le ministère « invoque un pseudo-accord entre la facilitation et l’opposition, ce qui est totalement inexact. Nous n’avons signé aucun accord ». L’opposition a seulement « accepté de suspendre pendant le dialogue les manifestations, sachant que dans le règlement intérieur de la manifestation la durée du dialogue ne devait pas excéder dix jours ».

A présent, trois mois après le début du dialogue, l’opposition « a le sentiment que le régime fait du dilatoire pour pouvoir empêcher toute résistance à ce régime, qui régente ce pays depuis plus de cinquante années », conclut-il.

Bataille des itinéraires

Cela devient donc une habitude, la bataille des itinéraires entre le gouvernement et la coalition de l'opposition : la coalition de l'opposition trace son itinéraire pour les marches, le gouvernement les modifie, les forces de l'ordre envahissent les lieux avant le lever du jour et on recommence.

Le scénario était le même hier, premier jour d'une série de trois jours de manifestations. Le dispositif habituel des forces de l'ordre était positionné à tous les points de rassemblement. Et la coalition n'entend pas céder au diktat du gouvernement. « Il n'a pas droit d'imposer l'itinéraire selon la loi du 16 mai 2011. Raison pour laquelle nous nous opposerons toujours à cette imposition de la part du ministre », explique Oura Djikpa Tchatikpi du parti national panafricain.

Tout comme à Lomé, selon la coordinatrice de la coalition Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, la manifestation à Kpalimé n'a pas été autorisée par le préfet de la localité ; par contre les marches ont eu lieu à Anié et à Tchamba.

Pour la coordinatrice de la coalition, « ce n'est pas parce que la communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest [Cédéao] se propose d'aider à une sortie de crise qu'il faut baisser les bras... » : « C'est maintenant qu'il faut montrer que nous tenons à ce que tenons à ce que nous demandons : que le peuple togolais ne veut plus continuer à vivre comme avant, que nous voulons absolument que les choses changent et que la Cédéao comprenne que sa solution doit permettre aux Togolais d'obtenir ce qu'ils veulent », explique Brigitte Kafui Agdjamagbo-Johnson.

La coalition reconduit les marches pour ce jeudi et samedi prochain.

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