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Bénin

Bénin: la Cour constitutionnelle renouvelée prend ses fonctions

Manifestante devant l'Assemblée nationale à Porto Novo, capitale du Bénin, avril 2017.
© YANICK FOLLY / AFP

Au Bénin, c’était, ce mercredi, l'installation de membres de la Cour constitutionnelle, plus haute   juridiction du pays. Un renouvellement qui intervient tous les cinq ans depuis 1993. Le Bénin a créé cette haute juridiction au lendemain de la conférence nationale pour garantir l'Etat de droit et veiller à la bonne marche des institutions. Et c'est l'avocat Joseph Djogbenou qui en a été élu président.

Une cérémonie sobre avec un seul temps fort quand les sept nouveaux membres, debout devant un micro, ont levé la main pour répondre, après la lecture du serment, « je le jure ».

Leur mission essentielle est de veiller au strict respect de la Constitution. Autre pouvoir, valider ou invalider toute élection organisée au Bénin. C'est également un recours pour tous les Béninois qui se sentent brimés ou tout citoyen qui a des doutes sur la conformité d'une loi.

Les Béninois la vénèrent comme leur fétiche. Et au pays du vaudou, le fétiche est craint. C'est le cas, quel que soit le bord politique. On peut citer quelques décisions osées, l'annulation par le passé de l'élection au poste de député d'une première dame. En janvier dernier, elle a interdit aux députés d'interdire le droit de grève.

Ça boude quand ça n'arrange pas un camp, mais ça ne va pas plus loin. Ses décisions sont sans appel et s'imposent à tous.

L'avocat Joseph Djogbenou élu président

Joseph Djogbenou, ancien ministre de la Justice et très proche du président Talon été élu à l'unanimité président de la Cour constitutionnelle du Bénin. Le cinquième et le plus jeune Président à diriger cette haute juridiction en place depuis 1993, prend ses fonctions vendredi matin.

Agrégé de droit privé et avocat, Joseph Djogbenou est âgé de 49 ans. Ses plaidoiries l'ont rendu célèbre si bien que Patrice Talon en fait son avocat personnel. C'est aussi une grande figure de la société civile, soucieuse de bonne gouvernance. Un combat qui paie: en 2015 quand il sollicite le suffrage des électeurs, il est élu aisément député. Au parlement, il préside la commission des Lois et devient sans surprise le Garde des sceaux de Patrice Talon à son arrivée au pouvoir.

C'est l'Assemblée nationale qui l'a envoyé à la Cour. Il n'empêche que l'opposition, qui y est minoritaire, y voit la promotion déguisée d'un fidèle et dénonce un plan de contrôle des institutions. Et pourtant, depuis 1993, le mode de désignation des membres n'a pas changé. Joseph Djogbenou est attendu au tournant, il devra vite montrer qu'on peut être fidèle et indépendant.

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