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Maroc

Au Maroc, la campagne de boycott de trois grandes marques ne faiblit pas

Les Marocains font leurs courses dans un supermarché à Rabat.
© © ABDELHAK SENNA / AFP

L'appel lancé sur les réseaux sociaux le 20 avril dernier a rencontré un franc succès. Les entreprises  visées sont une enseigne de station-service, une marque d'eau et de lait, accusées de maintenir une situation de monopole dans leur secteur et de pratiquer des prix anormalement élevés. Le gouvernement multiplie les appels à cesser cette campagne de boycott  au nom de la préservation de l'emploi. Mais l'implication répétée des politiques aux côtés des industriels semble renforcer encore plus la détermination des consommateurs.

Contrairement aux attentes, à Gauthier, quartier huppé de Casablanca, on est globalement en faveur du mouvement de boycott. C'est le cas de Karim, architecte de 43 ans. « Il y a une volonté populaire qui s'exprime à travers un souhait d'exprimer de manière pacifique un mécontentement par rapport à la cherté de la vie. J'ai suivi ce mouvement juste parce que je vois qu'il y a une revendication sociale légitime. »

Quelques rues plus loin à la sortie d'une école, Driss entrepreneur, ne cache pas avoir changé ses habitudes de consommation. « Notre problème principal, c'est qu'il y a un mélange entre business et politique. C'est vraiment là où ça fait vraiment mal, où il y a un ras-le-bol. De toute façon, le lobby est là, il y a une concertation entre les compagnies pétrolières, les compagnies comme Danone, et les autres. Pourquoi payer le double de ce que payent les autres en Europe. De toute façon, moi je soutiens pleinement, je le dis haut et fort. »

Aziz Akhanouch, ministre de l'Agriculture et actuel patron de la société de station-service boycottée, s'est inquiété des conséquences sociales de mouvement de boycott depuis l'annonce de la firme laitière d'une chute de 30 à 50 % de son chiffre d'affaire et la suspension d'approvisionnement auprès d'un millier de producteurs.


■ Un ministre annonce sa démission

Mercredi soir, Lahcen Daoudi, le ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, doit remettre sa démission. Il avait participé à un sit-in devant le Parlement avec les employés de la centrale Danone pour la défense de leurs emplois. Un signe de solidarité qui ne passe pas.

Mercredi, le Parti Justice et développement a tenu une réunion d'urgence, présidée par le Premier ministre, Saad Eddine el Othmani. Un seul point figurait à l'ordre du jour : la participation jugée « inappropriée » du ministre au sit-in de mardi soir.

Cette participation était « contraire aux usages », explique Slimane El Amrani, le numéro deux du parti. « En sa qualité de ministre, Daoudi ne devait pas participer à ce rassemblement », poursuit ce responsable politique, interrogé par des médias marocains.

Lahcen Daoudi a-t-il subi des pressions ? Dans sa lettre de démission, le ministre dit froidement « prendre acte » des nombreuses critiques auxquelles il fait face depuis mardi sur les réseaux sociaux. De son côté, le PJD dans un communiqué se contente de saluer ce geste « respectable ».

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