Madagascar: spéculations autour du prix de la vanille à l’approche de la récolte

Tri de la vanille dans le village d'Anjombalava, au coeur de la principale région de production de la vanille.
© AFP/Patrick Mercier

A Madagascar, le prix de la vanille n'a cessé d'augmenter ces 5 dernières années, laissant déjà présager l'an passé une possible chute brutale des prix pour 2018. Cette année, les yeux des connaisseurs seront rivés sur la Sava, dans le nord-est de l'île. Cette région fournit 80% de la production mondiale de vanille. Rencontre avec les acteurs de la filière à quelques semaines du 15 juillet, date de l'ouverture officielle de la récolte de la gousse verte dans cette zone.

« Je suis content, car d'ici peu on va avoir beaucoup d'argent ». Lui, c'est Bruno, petit planteur à Mandena, un village producteur de vanille dans la Sava. Les gousses ne sont pas encore cueillies que lui et ses amis savent déjà à combien ils vont les proposer.

« Comme on a moins de vanille que l'an dernier, à cause des dégâts causés par le cyclone, on va demander un prix plus élevé pour avoir le même revenu. On espère vendre le kilo de vanille verte 200 000 ariary soit 52 euros cette année. »

200 000 ariary, contre 18 000 en 2014, les prix se sont envolés. Fayol Makboul est le directeur général de Hachmann Madagascar Export (HME), l'une des grosses sociétés exportatrices d'épices de l'île. Malgré ses 30 ans d'expérience dans la vanille, difficile pour lui de prévoir la saison. L'éclatement ou non de la bulle spéculative va dépendre, dit-il, des industriels : « Les industriels sont les principaux responsables de cet état. Ces dernières années, ils ont préfinancé [c'est-à-dire payé à l'avance la vanille aux exportateurs, ndlr] les campagnes sur des qualités médiocres qu'ils ont continué à acheter. Les paysans peuvent demander 50 000, 60 000, 100 000, 200 000 ariary sinon plus, même. Mais les industriels vont-ils valider ce prix ? Si les industriels valident ce prix, les prix vont continuer à augmenter. Et s'ils ne le valident pas alors je pense que la bulle va éclater. Le prix de la vanille va chuter de lui-même. »

Des « prix intenables, irrationnels pour la qualité actuelle », voilà ce que d'autres exportateurs ont confié à RFI. Petite embellie néanmoins : la qualité devrait être meilleure que l'an dernier.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.