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Tanzanie

Tanzanie: indignation après un accouchement dans un commissariat

Une femme tanzanienne a été contrainte d'accoucher, sans assistance, dans un commissariat, provoquant l'indignation générale dans le pays. (photo d'illustration)
© Getty Images/Jose Luis Pelaez Inc

Une femme qui accouche seule, sans assistance, dans un commissariat en Tanzanie… Depuis une semaine, l'histoire indigne les ONG de droits de l'homme et de protection des femmes du pays. Amina Raphael, 26 ans, a été arrêtée dans la nuit du 2 au 3 juin à son domicile. Son mari était suspecté par la police d'avoir acheté un lit volé.

Le commandement de la police de la province de Morogoro a confirmé les faits, qui ont provoqué une vague d'indignation en Tanzanie cette semaine. « C’est une honte pour la police tanzanienne », estime Helen Kijo-Bisimba, secrétaire exécutive du Centre juridique et des droits de l'homme, principale ONG tanzanienne de défense des droits de l'homme.

« La police recherchait son mari, qu’elle accuse d'avoir acheté un objet illégal, explique-t-elle. Les policiers sont donc allés chez cette dame, mais son mari n’était pas là. Ils l'ont arrêtée et envoyée au commissariat. Elle était enceinte. Elle s’est plainte de ne pas se sentir bien, mais elle a été emprisonnée pendant 10 heures. Ils ne l’ont pas écoutée. Quand elle s’est vraiment sentie mal, ils ont voulu l’emmener à l’hôpital, mais c’était trop tard. »

« C’est la faute des policiers. Pourquoi l’ont-ils arrêtée ? s’interroge la responsable du Centre juridique et des droits de l’homme. Elle n'a rien fait de mal. Elle n’aurait pas dû être arrêtée à la place de son mari. Ils savaient qu’elle n’allait pas bien. Et ils ont vu qu’elle était enceinte, mais ils l’ont quand même emmenée. »

Pour l'ONG tanzanienne Coalition contre les violences faites aux femmes et aux enfants, les policiers « ont mis en danger la vie de la mère et de l'enfant et les ont humiliés ». « Nous demandons au chef de la police de prendre des sanctions contre ses agents, qui ont fait preuve d'un manque de professionnalisme dans leur travail », a appelé la Coalition dans un communiqué.

Interpellée vendredi par des députés sur cet incident, la ministre de la Santé et du genre, Ummy Mwalimu, a indiqué que le gouvernement est « au courant » et qu'une enquête avait été ouverte.

D'après Helen Kijo-Basimba, la mère et son nouveau-né sont en bonne santé et ont pu rejoindre l'hôpital le plus proche.

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