Ouganda/Kenya: Washington demande des mesures contre les leaders sud-soudanais

Sigal Mandelker, sous-secrétaire américaine au terrorisme et au renseignement financier, lors d'une conférence de presse à l'ambassade américaine à Kampala, le 11 juin 2018.
© Isaac Kasamani / AFP

Les Etats-Unis accentuent la pression sur les leaders sud-soudanais, alors qu’un nouveau round de négociations doit commencer samedi 16 juin à Addis Abeba. A l’occasion d’une tournée en Afrique, Sigal Mandelker, la sous-secrétaire américaine au terrorisme et au renseignement financier, a demandé au Kenya et à l’Ouganda d’arrêter de laisser les responsables sud-soudanais acheter des biens immobiliers sur leur territoire.

« C’est une de mes priorités de tenir pour responsables ceux qui violent les droits de l’homme et utilisent le système financier pour cacher de l’argent illégal », a déclaré Sigal Mandelker mercredi soir à Nairobi.

La sous-secrétaire américaine demande à l’Ouganda et au Kenya d’arrêter de laisser les leaders sud-soudanais acheter de luxueuses propriétés sur leur sol. Depuis le début de la guerre civile, des millions de dollars ont quitté le Soudan du Sud pour être investis dans le monde. Des capitaux soupçonnés d’être issus de la corruption et qui seraient ainsi blanchis dans l’impunité.

Les luxueuses demeures de Salva Kiir et Riek Machar à Nairobi

Or selon Sigal Mandelker, les autorités ont l’obligation de bloquer ces opérations sur leur sol. L’ONG he Sentry a enquêté. D’après elle, le président sud-soudanais Salva Kiir et son adversaire Riek Machar possèdent tous deux de luxueuses maisons dans le quartier huppé de Lavington, à Nairobi. Des généraux ou encore Paul Malong, l’ancien chef d’état-major de l’armée, sont aussi pointés du doigt.

John Prendergast, cofondateur de The Sentry, a déclaré mercredi qu’enquêter et si besoin saisir ces biens immobiliers seraient un formidable moyen de pression dans le processus de paix. Il a ajouté que grâce aux informations de son ONG, l’Australie avait saisi cette année une maison à Melbourne appartenant au général sud-soudanais James Hoth Mai. John Prendergast a demandé pourquoi le Kenya et l’Ouganda ne suivaient pas l’exemple.

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